V.G.

David Matias : l’artiste qui murmure ses maux aux genevois

David Matias : l’artiste qui murmure ses maux aux genevois

La semaine dernière sur le boulevard des Philosophes à Genève, je remarque des pensées écrites sur des panneaux de chantier. Elles sont signées Matias, précédées du pseudo Instagram @davidmatias365

 
Elles sont accessibles à tout le monde. Certaines sont  légères et très positives. D’autres sont empreintes d’une mélancolie qui m’a donné envie d’en savoir plus sur cet artiste qui appose sa signature comme une invitation à rentrer en contact. Je ne sais rien de cette personne , encore moins sur les motivations profondes de sa démarche. Marketing, simple volonté de partage, appel au secours ou juste un happening de street artiste ?
Je regarde sur Instagram, 3 posts récents mais des milliers de followers. Je prends contact. Dès l’envoi du premier message, l’aspect chaleureux de sa réponse me conforte dans sa disponibilité à être là. On fixe le lieu de rencontre, ce sera devant le M. de Matias.
Matias - Genève - Aout 2020 - ©No Fake In My News

Artiste à l’âme de poète

Je le vois arriver. Il est beau, me paraît sûr de lui. Allure mi-dandy mi-bad boy avec ses cheveux courts à la Édouard Norton dans American History X. La comparaison s’arrêtera là, au physique. On se pose à un café. J’étais partie pour une interview classique, ce sera une conversation ouverte comme si je retrouvais une connaissance.
Je découvre un homme de 31 ans passé par des épreuves, généreux et plein de bienveillance. Il a une sensibilité à fleur de peau palpable dans le regard et un sourire qui me fait penser à Gorges Michael. Très vite, je prends le parti de croire sur parole ce qu’il me livre de lui.
Il me parle d’un univers artistique d’avant les mots dans la rue où il faisait de l’art figuratif, puis de l’abstrait. Tout a été provisoirement mis entre parenthèses le temps d’un renouveau. Il me fera suivre plus tard « Cicatrice », une de ses toiles peintes en mars 2019.
 
Cicatrice par David Matias 03.03.2019 . ©davidmatias365
 
Cette toile a été créée après un traumatisme vécu quelques jours auparavant. J’ai décidé d’exprimer mon ressenti sur une toile de grand format… Pour évacuer l’émotion, l’incompréhension et la rage qui régnaient en moi. La plaie ouverte est maintenant suturée, presque cicatrisée. Et disparaîtra avec le temps…
David Matias

Il m’embarque dans son monde plein de rêves, de poésies, de réflexions philosophiques sur la vie.
Je note chez lui la volonté de se délester de tout ce qui peut être futile au profit de l’essentiel. Comme de son téléphone portable dont il s’est débarrassé sans regret. Son compte instagram, c’est sur l’ordinateur qu’il y accède. Il veut absolument être libre, recherche de la profondeur. Sa quête de bonheur est vivace. Son désir de rendre l’amour contagieux est évident. Il pense qu’on peut s’affranchir de beaucoup de contraintes sociales même si le prix à payer est parfois élevé. Lui s’est senti assez fort pour s’en détacher.
On fait un tour rapide de son « Taudi », où se trouvent également pinceaux et pots de peintures, outils indispensables à ses réalisations.
 

Le tour du personnage en quelques maximes

Lorsqu’il a écrit dans la nuit ses phrases sur les bois de chantier du boulevard, David a déposé un pack de bière pour les ouvriers qui allaient travailler le lendemain. C’est le signe du respect et de l’intérêt qu’il porte pour les autres. La bienveillance revendiquée semble être au cœur de ses actions, quoi qu’il en coûte. Sans haine ni rancœur, il a le souci d’alléger par les mots, le poids des souffrances qui touchent les plus exclus, les personnes obligées de dormir dans la rue, ou celles qui subissent en silence le piège infernal d’une routine sociale.
Il me parle d’un environnement familial pas toujours à la hauteur de ce qu’on peut en attendre. Il conspue l’idéologie qui inscrit les valeurs essentielles dans les sommes d’argent qu’on peut amasser ou le matérialisme qu’on exhibe.

Ses inspirations, il les a surtout la nuit, dans le calme. Les phrases lui viennent par à-coups, il prend son matériel et va les inscrire dehors. Chacune d’entre elle a une résonance particulière parce que liée à une situation qu’il a vécue. Leur objectif est de susciter la réaction des autres, d’offrir du bonheur à quiconque ouvert à le recevoir, de dire des choses que certains redoutent d’entendre, d’apostropher sur ses préoccupations du moment, de mettre de la douceur ou de l’émotion dans le quotidien des passants. Ses goûts musicaux sont éclectiques, dépendent de son humeur. Ces temps-ci, il écoute beaucoup Una Mattina de Ludovico Einaudi. 

S’ensuit une déambulation dans quelques rues de Genève, le temps pour lui de me faire découvrir d’autres panneaux sur des chantiers qu’il a eu le plaisir de marquer. Certains n’existent déjà plus, car recouverts par d’autres bâches. Le propre de l’art de rue…
David insiste sur sa volonté de ne pas dégrader les beaux bâtiments, sur son retour parfois sur des lieux pour réitérer ses écrits effacés. Sur son envie d’être au côté des personnes démunies, qui suscitent parfois de l’indifférence. Il signe ses phrases moins pour se faire de la pub que pour les revendiquer. Il n’a plus peur de rien. Ni des amendes qui s’accumulent, ni de la Police qui pourrait l’entraver dans la réalisation de ses textes urbains . Il assume ce qu’il fait, envers et contre tout, contrairement aux actes commis par d’autres dans l’anonymat.

Ainsi, ceux qui veulent le connaître viendront à lui. Et des retours il en a déjà eu. Beaucoup de témoignages de gens chez qui les phrases ont un certain écho, à qui elles donnent de l’énergie. Avec eux, il ne partage pas que des mots. Ses messages positifs  redonnent du sourire à certains , font vibrer d’autres,  insufflent une once d’amour, de douceur, de bonheur. L’objectif semble atteint. 
Mais chez lui, poster des mots dans la rue n’est peut être qu’une une forme transitoire d’expression de son état d’âme. David ne se définit pas comme street artiste. Quand je lui pose la question, il me répond « artiste peintre ». Il me répète à plusieurs reprises qu’il est prêt à tout pour exercer son art. Même si le prix à payer est de dormir dans la rue. Car pour le moment, il n’ent vit pas encore. Ses anciennes toiles sont stockées chez un professionnel. Il se replonge aussi dans la création de nouveaux tableaux grand formats qu’il espère exposer en galerie, en prenant soin de ne pas toutes les « divulgacher » sur les réseaux sociaux. Il est plein d’autres projets.
 

Les cartes de l’amour

Les cartes de l'amour par David Matias 2 - Genève - Aout 2020 ©No Fake In My News
L’un d’entre eux tourne autour de « cartes de l’amour ». On revient sur le sens des mots, l’essence des actes. Il a pu en imprimer un certain nombre grâce à la générosité de personnes qu’il a rencontrées et avec qui le feeling est bien passé.
Il ne veut pas en faire commerce, fuit un marketing qui l’enfermerait dans des obligations là où son objectif au contraire est d’assurer la transmissibilité de la bienveillance par le simple passage de carte d’une main à une autre.
Un geste facile à faire, mais surtout, pas d’ordre à donner. Une sorte de contrat moral qu’on passerait avec soi-même au moment où l’on reçoit la carte de l’amour, avec tout ce que cela comporte comme responsabilité. Juste quelque chose de positif et gratuit à impulser car pour lui,  tout ce qui compte est dans la place qu’on accorde à l’autre.

A terme, il aimerait voir ses cartes traduites dans des langues différentes et circuler partout . Il a envie d’explorer Paris. Il souhaiterait aussi recouvrir les grandes Capitales de ses mots.

Nul doute que les murs des villes du monde se réjouiront d’accueillir les phrases d’un artiste aussi touchant que mystique dans son approche des choses.

 

Vilédé GNANVO

11 mai 2020 : Tout repose sur le strict art…de mettre le masque

11 mai 2020 : Tout repose sur le strict art…de mettre le masque

La pandémie de Covid-19 a provoqué la mise en quarantaine brutale de millions de personnes. Elle est venue bousculer un domaine artistique déjà soumis à une certaine fragilité économique. Mais face à l’urgence des événements, les artistes ont dû improviser pour essayer de continuer leur activité. Il ont relayé les messages sanitaires et beaucoup se sont investis dans des projets solidaires pour venir en aide à ceux qui sont en première ligne.
Dans cet article, je mets en avant quelques projets avec les témoignages de 5 protagonistes du secteur, qui ont mis les mains dans le cambouis virtuel depuis le 16 mars.

 

La « pandéconomie »  

Les mesures de confinement dues à la pandémie ont frappé un secteur culturel en souffrance depuis longtemps, et qui fait vivre 1,3 million de personnes. Il est mis face à sa peur de ne pouvoir se relever facilement car malgré l’appétit des Français pour ce domaine, le poids économique direct de la culture a cessé de progresser depuis 2013 [1] .  En deux mois, les suppressions ou report d’événements se sont enchainés. Le printemps est la période propice aux foires ou salons d’art, qui se sont vus annuler les uns après les autres. Les galeries d’art sont fermées . Le manque de visibilité sur les dates d’ouverture n’est pas là pour rassurer. Les organisateurs sont confrontés à des dépenses déjà engagées. Pour beaucoup d’acteurs, structures ou artistes individuels, les charges fixes nécessaires à la production demeurent, que ne couvrira pas la suspension des activités pour une durée non déterminée. Ils y perdent donc une part non négligeable de sources de revenus.

La création artistique dans sa globalité est durement touchée. Pour l’heure, le vaste plan de sauvetage culturel évoqué il y a quelques jours n’a pas précisément détaillé quelles structures pourront ouvrir demain ni  les conditions sanitaires précises dans lesquelles cela se fera.

Et si on se penche plus particulièrement sur le street art, on constate qu’il paie un lourd tribut face au confinement. Nombreux de ses acteurs ont une pratique itinérante, et ont vu une grande part de leurs périmètres et supports d’expression (la rue, les murs…) devenir impraticables. Déjà que cette branche artistique doit jouer des coudes pour être reconnue à sa juste valeur dans une industrie culturelle aux enjeux variables… Sur son site le 24 avril dernier, le galeriste Joël Knafo mettait le doigt sur les difficultés à venir : A la sortie du confinement et dans les mois qui suivront, il y aura beaucoup de casses dans le street art, peut être plus que pour les autres disciplines de l’art contemporain.

La même inquiétude trouve échos chez d’autres artistes que j’ai eus à questionner. La peur du lendemain et les incertitudes sont bien réelles. Ainsi en témoigne l’artiste peintre  Annabelle Amory via deux post publiés récemment, l’un sur Instagram le 24 avril, l’autre sur Facebook le 05 mai .

Car contrairement aux idées qu’on peut se faire , beaucoup d’artistes  dont les street artistes vivent sous le seuil de pauvreté . La dernière étude de la Fédération de L’Art Urbain  montre que les ¾ des revenus de ceux interrogés sont issus de leur pratique artistique, et seulement 40 % d’entre eux se déclarent satisfait de leur situation économique

À la question quelles ont été les conséquences du confinement sur elle, l’artiste Carole b. m’explique en quoi la survenue des restrictions pendant cette période est compliquée. Même si elle réalise de petites œuvres, cela lui prend beaucoup de temps. « Les artistes ne sont pas tous riches. Il y en a pas mal qui vivent sous le seuil de pauvreté ». Elle s’est retrouvée comme beaucoup limitée dans ses possibilités d’acheter du matériel ou d’avancer correctement dans sa production de pochoirs car : 
– les points de vente étaient fermés
– les rentrées d’argent étaient de toute façon quasi nulles
– les mouvements de son lieu de confinement à celui de production irréalisables.
 
Allant dans le même sens qu’ Annabelle Amory qui met le doigt sur la précarité des artistes, le fait qu’il faille « payer pour être visible dans les foires ou salons » , les frais d’inscriptions qu’il faut avancer, Yarps , pochoiriste et locataire de la Galerie One Toutou avec le photographe Pierre Terrasson  aux Puces de Saint-Ouen, revient longuement sur sa situation . « Pour le travail d’artiste, ça va être vite réglé. Depuis la fermeture des Puces, c’est zéro recette. On va devoir continuer à payer les loyers. Ce n’était déjà pas joyeux avant, mais là, à l’ouverture, je ne pense pas que les ventes vont exploser, je doute que les gens viennent en nombre pour acheter ».
 
Dans ce contexte particulier, comment traverser cette urgence sans annihiler le désir de créer? Avec leurs appréhensions, ils ont cherché d’autres sources d’inspirations pour essayer de rester dans leur passion. Faire survivre à tout prix la pratique de leur art, conscients de ne peut-être pas continuer à pouvoir en vivre.
Et c’est une fois de plus grâce aux réseaux sociaux que beaucoup ont pu continuer à agir.

Entre la perf’ et la colère

Plusieurs street artistes ont décidé d’apporter leur soutien à ceux qui sont restés en première ligne, le personnel soignant en premier. Cela a souvent pris forme via des projets solidaires, avec la mise à disposition de nouvelles œuvres créées dans la foulée et diffusées de manière numérique.

A titre d’exemple, Carole b. revient sur ses engagements et égrène les raisons qui la poussent à se positionner sur un projet. Au début du confinement, elle a choisi de lancer en ligne un petit jeu concours pour faire gagner des personnes avec de petits moyens. A la clé, des cartes postales à écrire et un badge pour les personnes isolées encore plus fragilisées dans le contexte actuel et auxquelles on ne pense pas toujours. Car les associations ne peuvent pas apporter leur aide correctement comme elles le voudraient. Et les mettre en avant par une action concrète apparaît comme une priorité. C’est également ce qui l’a poussée à soutenir les aides-soignants réunionnais. Selon elle, les Dom Tom sont en général oubliés par la métropole, les structures ne sont pas toujours en place dans les territoires. Pour cela, elle s’est engagée à reverser une partie des ventes des affiches « Wonder Women » à la PTA 974 (Plateforme d’Appui Territoriale La Réunion), organisme chargé de soutenir les soignants de la Réunion.

J’ai voulu aussi sensibiliser à cette cause sur la disparité au niveau médical dans des départements qui sont loin et n’ont pas les mêmes facilités pour faire les soins, alors j’ai participé à un projet pour mettre en évidence un des départements les moins dotés médicalement parlant … En ce qui concerne le projet Re-naissances, c’est que là aussi il y a une partie des sommes qui est reversée à l’artiste. Parce que le solidaire c’est bien, mais il ne faut pas non plus se mettre soi-même en difficulté. Il est important de trouver le juste équilibre entre trouver de quoi subsister tout en apportant un maximum d’argent à une cause. Mais quoi qu’il en soit, dans tous les cas, il y a la satisfaction de voir que concrètement, les projets apportent des sous qui permettent aux structures d’acheter du matériel ou d’agir.

Carole b.

Artiste

Pour ma part, j’ai choisi de mettre le projecteur sur 5 initiatives lancées en ligne, qui sont venues concrètement en appui au besoin de sortir la tête de l’eau pour certains, et aux désirs d’évasions pour d’autres. J’ai pu à cette occasion recueillir la parole de quelques protagonistes au cœur de ces nouvelles organisations, en tant qu’initiateur de projets ou artistes créateurs engagés de longue date dans des causes solidaires.

ConFUNement : la simplicité et l’accessibilité à tous

ConFUNement par ami-imaginaire

J’ai un coup de cœur particulier pour ce projet car son objectif initial est simple: répondre de manière pragmatique à un besoin identifié sur le terrain, et couvrir des problématiques de la vie quotidienne d’un grand nombre de parents durant le confinement. Pour ce faire, la street artiste Ami imaginaire ( initiatrice de ConFUNement et par ailleurs engagée dans d’autres projets solidaires ) a invité et réussi à fédérer d’autres artistes pour qu’ils mettent en ligne des dessins à colorier , téléchargeables gratuitement. À ce jour, plus d’une cinquantaine de « super street artistes confinés » ont répondu présent et de nombreux foyers ont posté leurs réalisations .
Quoi de mieux pour en savoir plus sur son approche du projet que de lui donner la parole ?

1- Qu’est ce qui a déclenché le projet conFUNement ?
Ça a été un élan spontané de ma part dès le début du confinement, j’ai pensé à mes amis qui ont des enfants en bas âge qu’il allait falloir occuper, et j’ai également pensé à toutes les personnes qui comme moi se sont retrouvées dans un état d’anxiété extrême à cette période. Le coloriage c’est relaxant, ça permet de se concentrer sur quelque chose de fixe mais sans intellectualiser quoi que ce soit, c’est méditatif. Ça fait du bien de choisir des couleurs, de les associer, c’est calmant… Moi c’est ma thérapie depuis toujours ! J’en avais besoin à ce moment-là et je me suis dit que je ne devais pas être la seule …alors c’est quelque chose que j’ai eu envie de partager. Ça a été ma manière aussi de me rendre un peu « utile » dans ce contexte où on se sent complètement impuissant, et de continuer plus ou moins consciemment le travail que je fais dans la rue : du contenu gratuit et accessible à tous, qui (j’espère) redonne un peu de joie et de légèreté dans cette sombre période. Après, j’avoue que sur le coup ce n’est vraiment pas un truc que j’ai intellectualisé : j’ai eu envie/besoin de le faire, alors je l’ai fait, c’est tout.

2 – Tu penses au vu de son succès qu’il va se pérenniser ou qu’il restera une parenthèse virtuelle que tu essaieras de refermer une fois la pandémie passée ?
Quand Urban Signature m’a proposé d’héberger les coloriages et que nous avons proposé à tous les copains du street art de participer, je ne m’attendais pas à une telle réponse. C’est génial ! Il y a aujourd’hui plusieurs dizaines de coloriages, de plein de super artistes, pour tous les goûts ! Pour le moment je ne sais pas ce qui va advenir de tout ça après le confinement, nous n’y avons pas réfléchi (une fois de plus : ça a été un mouvement spontané, sans calcul particulier de ma part, je n’ai pas d’objectif caché). Il est évident que je ne pourrai pas continuer à cette cadence après le confinement, car mine de rien cela prend pas mal de temps (j’ai déjà du mal à tenir le rythme au bout de quelques semaines). Mais j’ai vraiment adoré partager ce type de contenu car ça a engendré un vrai échange humain – ô la joie de recevoir les photos de tous ces coloriages, des enfants et des grands ! Tous ces échanges, tous ces petits mots, ça fait vraiment chaud au cœur et ça m’a grandement aidée aussi ! – Donc je pense continuer à le faire ponctuellement de temps en temps. J’ai pas mal d’idées, pas seulement de coloriages d’ailleurs, je viens de finir un petit jeu ! J’aurai, je pense, également envie de regrouper tous mes coloriages ensemble, peut-être sous la forme d’un album souvenir, je ne sais pas encore. Pour le moment c’est pas très important, tout ce qui compte, c’est que ça vienne du cœur et que ça fasse un peu de bien.
Ami imaginaire

Street artiste et initiatrice de ConFUNement

RE-NAISSANCES : l’agilité dans la réalisation et le déploiement

Affiche expo virtuelle Re-naissance par Art Murs et Secourps Populaire

Après l’expo Naissances en février 2019, l’Association Art’Murs s’inscrit à nouveau dans un projet solidaire, via une exposition virtuelle. Le souci, est de continuer à soutenir les artistes, pour qui cette période peut s’avérer compliquée, sans revenus, sans exposition, sans commande de mur, etc… La démarche est désintéressée. Les artistes perçoivent 50 % du prix de vente de leur œuvre, et les autres 50 % reviennent au Secours Populaire pour les soutenir dans leurs actions. Les œuvres sont présentées au fur et à mesure de leurs créations sur les comptes Instagram et Facebook de l’association qu’on peut également contacter par mail ( assoartmurs@gmail.com ) pour acquérir celles qui sont encore disponibles. Au moment du bouclage de l’article, le bilan est :
– 65 artistes ont participé, parfois pour 1 ou 2 œuvres
– 48 oeuvres ont été vendues
– 12520 euros ont été récoltés dont 7487 euros reversés  au Secours Populaire
– Il reste une petite vintaine de productions d’oeuvres à venir d’ici au 15 mai

Voici ce que dit la Présidente de l’association à propos de cette expérience. 

Quel dynamisme ça a créé d’organiser en virtuel un tel projet ?
Par rapport aux artistes ? En fait, on a sollicité ceux avec qui on a déjà travaillé ou avec qui on avait des projets futurs. Ils étaient enthousiastes pour la grande majorité car eux aussi avaient envie de faire quelque chose qui a du sens. Ils ont été beaucoup sollicités pour certains projets ou ils sont totalement bénévoles. Ils étaient ravis d’y participer mais avec nous, le retour qu’on a eu est que « c’est cool que vous pensiez à nous car pour nous aussi c’est la galère en ce moment ». Ils ont pris conscience que l’asso Art ‘Murs est vraiment là pour eux, même pour ceux qui ne l’avaient pas encore intégré.
Et puis il y a eu un sacré dynamique autour de… on a eu énormément de sollicitations d’artistes pour participer au projet. Certains faisaient des trucs très sympas mais hors de notre ligne directrice donc ça a été compliqué de leur dire non parfois. Je me suis bien sûr posé des questions car dire non n’est pas toujours évident non plus…

Est-ce que ça pourrait changer des choses sur ta manière d’organiser les projets à l’avenir une fois la parenthèse fermée ?

Clairement, je trouve que ce projet est assez chronophage et le format n’est pas dans l’idéal de ce que j’ai en tête pour notre asso. Le format manque du type de relation qu’on a envie de développer et qui est l’ADN d’ Art ‘Murs. Les échanges et rencontres entre les publics… Ça disparaît complètement. Ce n’est donc pas une façon de travailler que j’ai envie de développer plus que ça. Pour autant, ça pousse quand même à la réflexion et bien entendu on en discutera avec tous les membres de l’asso. Peut-être que ça donnera des idées et qu’on se dotera d’outils complémentaires tirés de cette expérience.

Quel bilan tu peux dors et déjà tirer de ce projet ?

La communauté autour de l’art urbain est hyper active sur les reseaux sociaux et surtour sur Instagram. Et moi j’ai été surprise par le succès des ventes car beaucoup d’œuvres ont été produites et vendues. Et puis j’ai été assez agréablement surprise du nombre de gens qui, sans acheter, nous ont manifesté leur soutien par des remerciements et des encouragements. Ça nous conforte dans l’idée que notre initiative était à la place qu’on voulait pour elle. C’est vachement cool ! Ça donne la pêche pour continuer car il y a un côté fastidieux autour de l’organisation virtuelle…
D’ailleurs, on devait s’arrêter le 11 mais là je vais prolonger jusqu’au vendredi 15 mai. Ce sera la dernière date où de nouvelles productions d’œuvres seront faites. Les œuvres non vendues resteront accessibles mais il n’y en aura pas de nouvelles produites.
Sabine Meyer

Présidente d' Art'Murs et initiatrice du projet Re-Naissances

Projet CONFINEMENT : la solidité d’un réseau bien implanté

Page de Confinement  Festival d’arts urbains par Saato

Ce projet a été mis en place sur une idée du pochoiriste Raf Urban et en association avec Saato . Un appel a été lancé à plus d’une centaine d’artistes français dans le but de créer des œuvres en format A4 dans un délai court, afin d’apporter un soutien immédiat aux personnels soignants de France. Les œuvres créées sont exposées en ligne . Les recettes des ventes sont intégralement reversées au fond d’urgence de l’AP-HP via la Fondation AP-HP.
Le bilan de ce projet qui s’est achevé le 10 mai au soir:
– 208 artistes ont participé
– 274 oeuvres ont été produites et toutes ont été vendues
– 280 personnes ont contribué et permis de récolter 86365 euros , auxquels il faut rajouter 1350 euros de promesses de dons (règlements par chèques)

Ce « premier festival d’Art Urbain Confiné » a réuni plusieurs artistes de street art dont  Yarps qui m’a livré en quelques phrases les raisons de sa participation.

Quand ils m’ont contacté pour ce projet, j’ai trouvé que c’était bien. Quand je peux contribuer à mon petit niveau à ce genre de choses, je le fais avec plaisir car les hôpitaux et les soignants, je les connais bien. J’y ai fait pas mal d’allers-retours suite à mes accidents … Le personnel soignant est traité n’importe comment et là, c’était l’occasion de leur rendre hommage. Ils sacrifient leur vie et je pense que ça méritait au moins un geste. Pour le projet, j’ai réalisé un nouveau pochoir en prenant comme base  une matrice que j’avais déjà, car je ne peux pas tout découper là. Puis j’ai bombé et collé un masque en miniature . C’était ma petite pierre à l’édifice. C’est l’occasion d’ailleurs de parler aussi du travail numérique réalisé par Elvis Comica , une œuvre qui représente une infirmière elle-même passionnée de street art. Il y a là-dedans une vraie cohérence, la boucle est bouclée.

YARPS

Street artiste et locataire de la Galerie One Toutou avec le photographe Pierre Terrasson

#LESAMISDESARTISTES : l’ orientation « secteur »

Image tirée du site internet du projet #lesamisdesartistes

Les amis des artistes, c’est un collectif d’artistes issus d’horizons divers qui essaie via son projet de soutenir la création artistique . L’artiste met en vente jusqu’à 3 œuvres, dont au moins une à moins de 500€, ceci en accord, lorsqu’il y a lieu, avec la galerie qui le représente. Les œuvres sont publiées sur ses réseaux sociaux avec le hashtag #lesamisdesartistes . L’acheteur verse 70 % du prix directement à l’artiste et les 30 % restants sur une cagnotte solidaire Leetchi au profit d’une association assurant leur distribution auprès d’autres artistes. Le but est d’alléger les dégâts causés aux artistes impactés par les conséquences du COVID-19 . Une première opération a déjà eu lieu. L’opération 2 a débuté le 04 mai et sera en faveur du Bureau d’Aide Sociale de la Maison des Artistes.  Les inscriptions ou participations se font sur ce lien . En deux semaines d’opération, les sommes générées s’élevaient hier  à  60 000 euros de ventes dont 18 000 euros de dons 

L’artiste Annabelle Amory me livre ici sa motivation pour participer à ce projet

Alors, pour Les Amis des Artistes… En fait, depuis longtemps, je « déstocke » souvent des toiles pour en faire don à des associations qui les revendent. En cette période de confinement, j’ai renouvelé l’opération pour le projet Saato par exemple. Malheureusement, offrir des toiles signifie aussi ne rien toucher sur la vente. Avec les Amis des Artistes, je peux faire plaisir et me faire plaisir, mais également aider les autres artistes. Si la majorité des projets caritatifs de ce confinement sont en toute logique tournés vers le secteur hospitalier, il manquait des aides dédiées spécifiquement aux artistes. La seconde cagnotte des Amis des Artistes concerne le Bureau d’aide social de la Maison des Artistes, fonds dont j’ai pu personnellement bénéficier au début de ma carrière et qui m’a énormément aidée.

Annabelle Amory

Artiste peintre

CONFIN’ART: la prime à une galerie toute jeune

Image CONFINART tirée du site de la galerie WAWI
L’action CONFIN’ART menée par la Galerie WAWI  consiste précisément à mettre en lumière les œuvres que cette période inédite de confinement a inspirés à certains artistes. Elle souhaite ainsi faire partie de la chaîne de solidarité qui s’est formée, pour aider les plus vulnérables. La moitié des bénéfices réalisés par les ventes sera versée à la Croix-Rouge du 10e arrondissement de Paris , située dans la même rue que la galerie. Elle s’inscrit dans les actions comme « La Croix-Rouge chez vous » qui permet de maintenir  le lien social, par l’écoute et la livraison de repas, des personnes les plus isolées et vulnérables.

Au bal masqué, une valse pour l’art?

Comme on a pu le constater via cette sélection de projets, les initiatives individuelles ou collectives se sont multipliées en ligne à l’instar de Solid’Art  ou Creatives In Confinement que j’aurais pu également détailler…  Mais pour aider à mieux vivre le confinement, l’imagination déployée chez les artistes  pour représenter les masques n’a pas souffert de pénurie. Certains ont mis  en ligne d’anciennes créations, dans le but de relayer les consignes sanitaires nécessaires. Tous avaient en tête, la matérialisation d’un objet venu s’imposer dans notre actualité comme l’accessoire le plus efficace à ce jour pour contrer le virus.

A lire aussi  Bas les masques

Cette effervescence autour de la création numérique aura été salvatrice pour certains, et c’est tant mieux. 
À partir de demain, notre vie quotidienne devra se réadapter à de nouvelles normes sociales, sanitaires.  D’autres formes  dans les rapports à autrui vont apparaitre.
Nous avancerons à tâtons entre confiance, peur, discipline et résilience. Nous nous lancerons dans ce futur en essayant de soulever progressivement tous les masques qui occultent notre devenir en commun.
Mais chacun d’entre nous caressera l’espoir que l’art résistera à l’épreuve et restera un des antidotes au virus.

Prêts pour le déconfinement ? La lutte continue !

Février 2020 : « arte callejero » en Uruguay

Février 2020 : « arte callejero » en Uruguay

Puisque nous sommes confinés, j’ai décidé de repartir en voyage. Je vous embarque donc avec moi à travers des photos de street-art prises lors de mon récent séjour de trois semaines en Uruguay, petit pays d’Amérique du sud où il fait très bon de vivre.

Montevideo

Montevideo, capitale la plus méridionale du continent américain est située dans le sud de l’Uruguay, en bordure du Rio de la Plata et se développe autour d’une baie qui forme un port naturel, l’un des plus importants du cône Sud. [1]

Longtemps, on pouvait y peindre partout sur les murs, le graffiti et le street art étant considérés comme des formes d’expressions des cultures populaires. 2014 marque un tournant car la loi interdit alors le graffiti vandal (Selon l’article 13 de la loi 19 120 de 2013 qui a modifié l’article 367 du Code pénal ). Le street-art se voit confiné à certaines zones, avec un calendrier organisant la rotation des murs à peindre.  

Aujourd’hui, l’art de rue sucite plus d’intérêt. Pour les artistes, il reste l’occasion de traduire en créations, les débats et les conflits qui secouent la société. Certaines institutions perçoivent mieux le potentiel touristique qu’il peut représenter, et la possibilité qu’il donne de renouer le dialogue avec des populations dans des quartiers délabrés. 

Les murs de Montevideo regorge donc de graffitis, de pochoirs, de fresques politiques ou artistiques et des dessins de toute sortes. J’en ai sélectionné quelques uns pour vous. 

Mur réalisé par Fitz et Theic Licuado - Montevideo- Uruguay 2020 - ©nofakeinmynews.com

« La résistance » . Mur peint par le Collectif Licuado lors du Festival de Arte Urbano Wang en mars 2018. Édith, Adriana et María Luz représentent trois des centaines de femmes qui étaient prisonnières politiques il y a quelques années sous la dictature. La fresque symbolise le soutien mutuel qu’elles se portaient à travers un réseau d’entraide qui existe encore pour mener les recherches jusqu’aujourd’hui.  L’œuvre se trouve au croisement des rues Cabildo et Miguelete .

Mur réalisé par Nino Cobre - Montevideo - Uruguay 2020 - ©nofakeinmynews.com

Mur peint en mars 2018 par Andrés Petroselli mieux connu sous le nom de  Cobre. Il représente l’écrivain populaire Eduardo Galeano, manière pour l’artiste de rendre hommage au peuple uruguayen. L’oeuvre se trouve au croisement des rues Sarandi et Colón

Mur réalisé par Leandro Bustamante Reina - Montevideo - Uruguay 2020 - ©nofakeinmynews.com

« Les baigneurs de Rambla Sur »  . Fresque murale réalisée en novembre 2019 par Leandro José Bustamante Reina sur les murs extérieurs de la coopérative Coovisur. L’oeuvre est visible sur la Rambla Grande-Bretagne, entre les rues Maldonado et Andes.

Mur réalisé par Pardos , Ganga Positive - Montevideo - Uruguay 2020 - ©nofakeinmynews.com

Mur réalisé en avril 2019 par Mokek et  Pardos . L’œuvre se trouve au croisement des rues Barrios Amorín y Colonia

Mur réalisé par JUAN - Montevideo - Uruguay 2020 - ©nofakeinmynews.com

Mur peint par l’artiste JUAN lors du Festival de Arte Urbano Wang en mars 2018. L’œuvre se trouve à Pasaje de la via

Mur réalisé par FOLK , Wendchinita, MIN8 - Montevideo - Uruguay 2020 - ©nofakeinmynews.com

Une partie d’un mur peint en janvier 2017 pour rendre hommage à une Coopérative de femmes qui se sont battues en construisant de leurs propres mains un logement décent pour leurs familles. Ici, l’œuvre des artistes  Folk , Wendchinita et Min8

Mur réalisé par le collectif Licuado - Montevideo- Uruguay 2020 - -©nofakeinmynews.com

« Sororité  » .  Mur réalisé par le Collectif Licuado. La fresque met en évidence « Les femmes unies par un tissu invisible de fraternité » (Marcela Legarde) . C’est un appel pour un monde égalitaire. L’œuvre se trouve au croisement des rues Cerrito et Perez Castellano

Mur réalisé par CondE COF et eXRandÖmyKo - Montevideo- Uruguay 2020 - ©nofakeinmynews.com

Mur réalisé collectivement par CondE  , COF et eX RandÖmyKo . L’œuvre se trouve au croisement des rues Cerrito et Solis

Mur réalisé par Pardos, El Santo, LEA, Andres Letop, Ivan Salazar - 1- Montevideo - Uruguay 2020 - ©nofakeinmynews.com
Mur réalisé par Pardos, El Santo, LEA, Andres Letop, Ivan Salazar - 2-Montevideo - Uruguay 2020 - ©nofakeinmynews.com

Mur collectif réalisé en février 2019 par Pardos , El Santo , LEA , Andres Letop , Ivan Salazar . L’œuvre se trouve au croisement des rues Cerrito et ciudadela

Dolores, Villa Soriano, Durazno , Colonia del Sacramento

En dehors de Montévideo, j’ai pu découvrir de belles pièces dans des villes comme Cabo Polonio, Colonia del sacramento, Durazno, Dolorès ou encore Villa Soriano…

Dans la plupart de ces endroits, même si les murs sont moins recouverts de street-art, le désir des artistes de montrer leur travail dans les lieux publics reste intact. Ils contribuent ainsi à égayer le quotidien des habitants en injectant de la couleur au paysage .

Des événements comme le festival El Arte a las Calles à Colonia del sacramentao se mettent en place et tout porte à croire qu’ils vont se pérenniser. Des collaborations enrichissent les créations lors des résidences d’artistes qui existent.

Certaines œuvres anciennes sont très ancrées dans le paysage. Elles résistent au temps qui passe en faisant un formidable pied de nez à ce qui caractérise aussi l’art de rue: son côté éphémère.
 
Mur réalisé par le collectif Licuado - Villa Soriano- Uruguay 2020 - ©nofakeinmynews.com

« Al ritmo del rio » . Peinture murale réalisée en 2013 par le Collectf Licuado lors du séjour à la résidence Vatelón. L’œuvre se trouve au croisement des rues Cabildo et 19 de Abril à Villa Soriano.

Mur réalisé par Soy Luxor - Dolorès - Uruguay 2020 - ©nofakeinmynews.com

Mur réalisé en 2016 par Soy Luxor en guise de soutien aux habitants de Dolorès après une tornade qui a fait énormément de dégâts en avril 2016. L’œuvre se trouve au croisement des rues Asencio & Carlos María Solari à Dolorès

Mur réalisé par HOPE - Villa Soriano - Uruguay 2020 - ©nofakeinmynews.com

Mur réalisé par HOPE en septembre 2019 lors de la résidence d’artistes à Valeton . L’œuvre se trouve au croisement des rues Lavalleja et Piedras à Villa Soriano.

Mur réalisé par Hudson Henrique - Cabo Polonio - Uruguay 2020 - ©nofakeinmynews.com

« Synergia« . Mur réalisé en août 2019 par Hudson Henrique à Cabo polonio 

Détail mur réalisé par RAF et AS1 KNCR crew - Colonia del sacramento - Uruguay 2020 - ©nofakeinmynews.com

Détail du mur « La trilogia andina » réalisé en septembre 2018 par Rafael Boa Morte et AS1 KNCR CREW dans le cadre du festival « El Arte a las Calles » à Colonia del sacramento . L’œuvre se trouve au croisement des rues Rivadavia et Vicente P. García à Colonia del Sacramento

Mur réalisé par Nicolas Rodriguez - Durazno - Uruguay 2020 - ©nofakeinmynews.com

« Le petit prince » . Mur réalisé par Nicolas Rodriguez en février 2020 . L’œuvre se trouve Plaza Itala Mondragon à Durazno

Pour finir…

Les photos que je vous ai proposées ici ont été prises principalement lors de moments d’oisiveté, dans des rues principales ou latérales. J’ai souvent découvert les murs par hasard, ce qui explique la présence de réalisations anciennes et récentes. Les artistes énumérés ne sont qu’un échantillon de ceux qui créent actuellement dans tout le pays.

Le street art étant en perpétuelle évolution, nul doute que sur place vous trouverez d’autres très belles choses partout où vous regarderez autour de vous.  Et pour les personnes qui ne veulent pas se fier au hasard des découvertes mais organiser leur voyage autour d’événements précis,  sachez qu’il existe StreetArtUY, une carte interactive qui vous permettra de géolocaliser des oeuvres  dans certaines villes que vous visiterez . 

Vilédé GNANVO

A.O.B : L’expo qui concilie esthétique et éthique

A.O.B : L’expo qui concilie esthétique et éthique

Depuis le 25 septembre 2019 se tient à la Maison du don de la Pitié-Salpétrière l’exposition « A.O.B – l’Art Œuvre pour la Biodiversité ».
 
À l’origine de cet événement, l’implication de 3 acteurs : L’Établissement Français du Sang ,  l’association Noé  et l’association Art’Murs . Les 2 premiers sont mus par le même engagement pour la Vie : – la collecte de dons de sang, de plaquettes ou de plasma pour l’un, les actions de préservation et de restauration de la biodiversité pour l’autre [1] . Quant au troisième, c’est une association créée en 2018, regroupant des passionnés de street art [2], qui a réussi à fédérer autour de ce projet sept artistes acquis aux causes d’une alliance écologie – art [3] .
 
Chacun des trois acteurs a par son investissement le désir d’éclairer un peu plus l’autre et d’ouvrir une passerelle entre la créativité et la sensibilisation aux thèmes de la vie.

Un engagement fort

En rentrant à l‘EFS, tout primo donneur a l’occasion de voir s’atténuer l’appréhension qui peut le saisir, car il est d’emblée accueilli dans un décor de créativité. Une manière aussi d’interpeller les donneurs réguliers par la proposition d’un espace dans lequel le regard change.

Avec une esthétique scénarisée par le choix des organisateurs, les murs sont habillés par une diversité d’œuvres réalisées dans  des techniques différentes. Les contraintes, la nécessité et l’urgence du besoin de dons (pour vivre ou guérir) sont tempérées par un cadre propice à l’exploration artistique qui permet de véhiculer une approche sereine de la pratique.

La puissance du message global de l’exposition s’appuie également sur la présence de l’association NOE qui s’emploie depuis longtemps à mettre le projecteur sur la beauté de la nature qui nous entoure.
Ici, le visiteur donneur ou le personnel de l’ EFS sont invités à se pencher sur les aspects liés à la biodiversité. Ils voient l’occasion de creuser des liens plus profonds entre les hommes et son environnement par le biais du travail artistique, le secteur de la création se refusant à être déconnecté des dommages causés à notre nature.

De fait, en intégrant l’art dans cet espace voué à la vie, chacune des thématiques qui s’y trouvent semble s’accorder de manière fluide. L’ art et la biodiversité s’épanouissent en tandem. Les toiles exposées offrent une opportunité rare de se saisir du beau pour s’approprier des causes qu’on pourrait croire éculées.

Dans cette dynamique et parce que le street art peut être utilisé pour encourager le dialogue public sur ces thèmes, l’association ART’MURS a choisi pour son troisième grand évènement de proposer un groupe d’artistes connus pour leurs convictions écologiques. Elle affirme ainsi son engagement en faveur du bien commun qu’est notre planète, en offrant une exploration artistique enrichie et en poussant à un examen des répercussions de la dégradation de l’environnement sur les êtres vivants.

Artistes divers, techniques variées

Tous ont conçu des oeuvres qui d’une manière ou d’une autre appuient sur les fragilités de notre écosystème, les ravages que subit la nature ou la menace qui pèse sur les animaux . 

Avec la serie Graffaune de Daco, les pochoirs Don’t make us history de Polarbear ou les dessins croqués par Philouwer ( soit dit en passant, Philouwer est un donneur  régulier du centre de la Pitié Salpêtrière qu’il fréquente depuis des années) les pratiques qui menacent les espèces en voie de disparition sont pointées du doigt pour susciter notre intérêt. 

D’autres comme Moyoshi proposent la série Décharge sauvage pour sensibiliser sur les effets néfastes du consumérisme sur l’écosystème. Teuthis montre son engagement en faveur de la conservation des récifs coralliens avec ses œuvres, La murène commune et l’anémone fontaine. Nadège Dauvergne dénonce via Exodus  l’appauvrissement du milieu naturel en animaux sauvages, tout comme Ami imaginaire avec ses collages d’animaux aux motifs colorés réintroduits sur les murs des paysages urbains.

L’intégralité des œuvres présentées sont proposées à la vente  sur  French Art Collection  . Une partie des ventes sera reversée au bénéfice de l’association Noé pour soutenir ses actions en faveur de la biodiversité. [3]

En fin de compte,  A.O.B se différencie de bien d’autres expositions par son articulation autour de 3 structures engagées. Cette initiative inspirante est une manière poétique et amusante de faire passer un message : l’urgence de s’intéresser, préserver et contribuer par l’acte à ce qui constitue l’essence de la vie, tant chez l’homme que dans la nature.

Et pour réunir tous ces artistes autour de cette cause, il a fallu la mobilisation des membres de la  jeune association ART’Murs , fondée par une femme passionnée et déterminée qui s’appelle Sabine Mayer .

Vilédé GNANVO

Infos pratiques :
Exposition « A.O.B – l’Art Œuvre pour la Biodiversité »
Il est encore temps d’y aller car l’expo a cours jusqu’au 2 novembre 2019  à la Maison du don de la Pitié Salpêtrière – 12 rue Bruant, 75013 Paris.
Lundi de 9h à 14h  / Mardi, mercredi et vendredi de 9h  à 16h  / Jeudi de 12h à 19h  / Samedi de 9h à 17h

Elle a aussi vocation à être prolongée jusqu’au 14 décembre au centre de Crozatier.
Et n’hésitez pas à donner votre sang, cause aussi importante.

Sources :
[1] Dossier de présentation de l’association ART’MURS
[2] Je suis membre de l’association
[3] Dossier de présentation de l’association ART’MURS
[4] Site de l’association ART’MURS 
 

Effet Graff ancre le graffiti au Bénin

Effet Graff ancre le graffiti au Bénin

Le mois de février 2019 a été l’occasion de découvrir Effet Graff, festival de graffiti qui a lieu au Bénin. Il est organisé par l’Association Sèna Street Art (ASSART) créée par un groupe de jeunes artistes engagés dans les domaines de l’art.

Brève historique

Stone et Dr Mario, fondateurs de l’association commencent par peindre des murs à Cotonou en 2013 avec très peu de moyens. Leur but est clair : montrer l’utilité sociale d’une discipline qui a le pouvoir d’inspirer le dialogue et séduit chaque jour un peu plus de personnes au Bénin.
Entre le début de leur activité et la 5ème édition d’Effet Graff, il y a l’investissement personnel et la conviction que l’art urbain mérite d’être accessible un plus grand nombre, tant il égaie le quotidien des gens. 

Peindre un mur, c’est contribuer d’une manière ou d’une autre à guérir quelqu’un… arracher un moment de bonheur à quelqu’un qui tombe inopinément sur un mur par exemple en allant au boulot le matin, pour moi c’est guérir ; je soigne les gens à travers la couleur, d’où le pseudo Dr Mario .

Dr Mario

L’association creuse son sillon en s’inspirant de ce qui se fait déjà dans d’autres festivals, à l’instar de son aîné Regraff [1]
Avec le temps, l’équipe s’étoffe et ils comprennent qu’un tel événement peut se déployer dans tout le pays. Le besoin d’explorer d’autres villes s’est concrétisé en 2017 quand ils se rendent compte que les gens étaient tout aussi réceptifs (voire plus) de leur message en dehors de Cotonou, la capitale économique du Bénin. 

Le Bénin ne se limite pas à Cotonou. Il faut sortir de Cotonou pour se rendre compte que les gens sont plus réceptifs à la chose que ce qu’on peut imaginer.

Stone

Ils décident alors d’aller à la rencontre du peuple et des différentes cultures .

Février 2019

Cinq ans après la première édition, les voici donc sillonnant 4 grandes villes du pays entre le 18 et 28 février 2019. De Cotonou à Grand-Popo en passant par Ouidah et Comè,  je découvre une trentaine de jeunes motivés par la nécessité de partager leur savoir. Ils composent avec toutes les difficultés qui persistent pour organiser ce genre d’événements au Bénin, pays où la valorisation des artistes n’est pas toujours une priorité. Rien donc d’étonnant à ce que la majorité des subventions des premières éditions du festival se soit faite sur fonds privé.

Infographie Effet graff 5 ©nofakeinmynews

Cette année, avec un budget évalué à 8 millions 827 mille de francs CFA [2] , l’association s’estime sur une bonne ligne de progression car elle optimise au mieux les moyens dont elle dispose. Elle revendique sa volonté de ne pas faire du graffiti vandal, consciente que la connotation négative accolée à cette forme d’art peut en desservir la cause. Il faut être perçu comme de véritables artistes de rue et éviter absolument d’être catalogué comme des voyous. 

Ici, nous, on fait le graffiti pour marquer les cœurs

Stone

Elle est de plus en plus crédible, alors les partenaires répondent plus présents. La rencontre des autorités locales ou institutionnelles se fait avec plus de fluidité pour obtenir des espaces culturels adaptés ou l’autorisation de peindre les murs.

Pour 2019, ASSART choisit des villes où la jeunesse est confrontée au besoin d’identification à un modèle de société. Elle axe sa thématique sur la célébration des « personnalités » modernes du pays.

En plus du graffiti, cette nouvelle édition s’enrichit donc des divers ateliers pluridisciplinaires, gratuits et ouverts à tous (ateliers de dessins animés, photographies, danses urbaines, calligraphies et musique). Tout un complexe d’activités développé autour d’un message porteur fort : mettre « l’art au service du peuple ». La cible prioritaire reste des jeunes chez qui ce festival pourra susciter une vocation particulière. L’ambition est que d’ici 5 ans, les talents dénichés aujourd’hui puissent s’engager en tant que participants actifs et créateurs pour les prochaines saisons.

La preuve par l’image

C’est ce à quoi s’est employé l’ensemble des organisateurs pendant les 10 jours du festival, où j’ai assisté à la réalisation de fresques murales et à certains ateliers.

À Cotonou, sur le mur à la Place des martyres, quatre jeunes parmi des talents révélés par Irawo sont à l’honneur.

Festival Effet Graff 5 - Fresque de la Place des Marthyrs à Cotonou 2019 - ©nofakeinmynews

À Ouidah, la fresque rend hommage à Oscar Kidjo, créateur du centre CIAMO  décédé quelque temps avant le début du festival. Son portrait figure sur le mur pour saluer l’appui qui a été le sien.


À Comè, en plus de la fresque murale, le centre Carrefour de jeunes a servi de lieu pour la mise en place des divers ateliers dont le graffiti et les danses urbaines.

Festival Effet Graff 5 - Mur réalisé à Comè - 2019 - ©Imagine Bénin

À Grand-Popo, sur les murs de la Villa Karo, le groupe qui a mis en avant des artistes du 7e art Djimon Hounsou et le cinéaste Sylvestre Amoussou

Festival Effet Graff 5 - Mur réalisé à Grand-Popo - 2019 ©Imagine Bénin

Pour clore le tout, les Amazones prennent le relais du mur au Centre à Cotonou, histoire de hisser un peu plus haut La femme, avec l’envie qu’elle serve de référentiel à d’autres générations.

Festival Effet Graff 5 – Amazones – Le Centre Cotonou 2019 – ©nofakeinmynews

La boucle est bouclée.

Mon point de vue

Par manque d’anticipation de mon côté, je n’ai pas pu suivre l’équipe dans sa tournée 24 h/24. Je sais qu’une immersion totale pendant tout le festival aurait été souhaitable pour restituer au mieux la densité et la richesse des moments vécus autour l’événement. Néanmoins le temps passé en leur compagnie à chaque fois me permet de témoigner de la bonne ambiance qui a régné dans cette équipe, de la volonté de se perfectionner et l’investissement dont a fait preuve chacun afin de concrétiser l’objectif de départ.

Festival Effet Graff 5 -Bus et bagages de la team- Comè 2019 - ©nofakeinmynews

J’ai été agréablement surprise par le dynamisme et la hargne qui animait le groupe , conscient des limites qui pouvaient parfois s’ériger en termes de technique, d’organisation ou de matériel. J’ai aimé l’état d’esprit autour d’un événement dont l’expansion est à portée de main et qui pour l’heure reste encore suffisamment à taille humaine pour que le plaisir ressenti ne soit pas feint.

Je suis convaincue que cette aventure connaîtra un bon parcours si ASSART (qui semble avoir l’ambition de faire d’Effet Graff un événement de référence) parvient à attirer dans les prochaines éditions encore plus d’artistes d’envergure venus d’ailleurs pour confronter les expériences de création.

Vilédé GNANVO

En savoir plus

[1] Festival de graffiti en place depuis 2012 au Bénin et piloté entre autres par l’artiste Rafiy Okefolahan
[2] Chiffre issu de la conférence de presse donnée par ASSART le 14 février 2019 

Rencontre avec Elvire Gandji, fondatrice de BoostMakers

Rencontre avec Elvire Gandji, fondatrice de BoostMakers

Alors que tout semble à portée de main via les nouvelles technologies ou les réseaux sociaux, entreprendre de nos jours reste une démarche compliquée tant il manque des facilitateurs pour accélérer les processus de création. C’est exactement sur ce constat que s’est appuyée Elvire GANDJI pour fonder son entreprise BoostMakers , une place de marché de services B2B pour les professionnels.

Sous cette dénomination, il y a le souhait d’ apporter une certaine facilité et fluidité dans les relations fournisseurs – clients. « BoostMakers est une communauté de professionnels de services, les MAKERS, qui partagent le valeurs de confiance, de bienveillance et de respect d’engagement pour générer la recommandation mutuelle d’affaires mutuelle et par leurs clients » .  

Tenace et visionnaire, elle me livre ici les points clés de sa plateforme dans le paysage entrepreneurial et ses perspectives de développement avec en filigrane, la valeur confiance au cœur du dispositif.

Logo BoostMakers


Bonjour Elvire 
Bonjour  

Parle moi un peu des grandes lignes de ton parcours 
Alors, j’ai un master en supply chain managment,  qui est la gestion globale de la logistique, avec une spécialité en systèmes d’information. Il y a quatre ans, j’ai fait un Executive MBA à NEOMA Business School. En termes d’expérience professionnelle j’ai été consultante pendant plus de vingt ans dans les grands cabinets de conseil tel que Cap Gemini . 

D’où te vient cette force d’entreprendre?  
Depuis toute petite j’ai eu envie d’entreprendre et d’assurer une forme d’indépendance. Et pour cela je me suis investie dans plusieurs choses comme la revente d’articles sur internet via Amazon. J’ai eu des velléités d’entreprise parallèlement à mon métier de consultante, donc après mon MBA j’ai décidé de me lancer dans l’aventure et j’ai créé BoostMakers. 

Justement, pourquoi BoostMakers ? 
BoostMakers est née d’une idée simple. Plus de 80 % des entreprises ont du mal à trouver des fournisseurs et plus de 90 % des TPE/PME ignorent les risques encourus lorsqu’elles signent un contrat. Aujourd’hui, quoique nous achetions, services ou produits, on nous demande notre avis. Mais c’est souvent après coup. Cela veut dire qu’on a vécu une expérience et on la partage mais on ne revient pas en arrière. Autrement dit, si on est déçu , on ne peut pas rattraper le coup, on ne peut que partager une expérience.  Du coup, BoostMakers (qui est une plateforme de services) a voulu changer les choses car pour nous, seule une relation de collaboration pérenne et fructueuse permettra de donner son avis après coup, donc d’avoir des indicateurs, (surtout de la confiance) pour pouvoir choisir son fournisseur et une entreprise avec laquelle on a envie de collaborer, d’acheter ou de rester dans une relation commerciale. BoostMakers a créé la Notation Certifiée qui est le résultat d’une évaluation des entreprises qui ont envie de montrer qu’elles sont de confiance. C’est LA place de marché de confiance 

Qu’est-ce qu’une place de marché ? 
Une place de marché c’est comme un marché traditionnel, un marché du dimanche ou type Carrefour. Sauf que cette fois ci, nous sommes en ligne. C’est l’offre et la demande qui se rencontrent en ligne grâce au développement du web 2.0 . Il y a celles des free-lances avec la mise à disposition des compétences. Il y a des places de marchés où on ne vend que des contacts, il y a celles où on vend etc… Mais il y a aussi des places de marché qui s’engagent, elles sont plus rares. C’est le cas de BoostMakers qui  rassemble des fournisseurs de confiance sur une place de marché multi-services. 

Comment se positionne BoostMakers par rapport aux  concurrents ? 
Chez BoostMakers , nous considérons qu’aucune relation pérenne ne peut exister sans confiance. Pour ça, nous créons les conditions de confiance totale basée sur la capacité à satisfaire un client et à respecter ses engagements et nous pensons que pour être dans cette dynamique de façon positive, il faut aussi que le fournisseur soit dans une recherche d’excellence. Cela ne veut pas dire qu’on est forcément excellent mais qu’on se remet en cause, on améliore constamment ce que l’on fait, on tire les leçons des retours d’expérience des clients et on se met au goût du jour. Se mettre au goût du jour c’est faire appel à l’innovation, à la remise en cause de soi, c’est miser sur une bonne formation des salariés. Aujourd’hui, on ne peut pas rester dans la course de la réputation du travail bien fait si on ne se remet pas en question de façon régulière.  
Notre valeur ajoutée à nous  est que nous avons mis en place sur notre plateforme des dispositifs permettant d’auto évaluer les fournisseurs de service pour savoir s’ils sont en mesure de respecter leur engagement et de donner satisfaction à leurs clients. Nous avons créé un environnement de collaboration durable entre clients et fournisseurs.
Concrètement,  pour mettre en relation l’offre et la demande, nous évaluons d’abord la qualité de l’offre et de l’offreur pour que la demande, donc le client ou le porteur de projet ne puisse pas être déçu après la mise en relation. C’est là où se situe notre engagement que nous pouvons appeler la mise en relation sécurisée. Nous sécurisons cette mise en relation par la Notation Certifiée. Ça veut dire que n’importe qui en position d’achat ou porteur de projet aura en sa possession un ensemble de critères pour qualifier son offreur, vendeur ou entreprise fournisseur.

Comment vois-tu BoostMakers dans deux ans?
Quand je me projette, je vois une évolution de notre modèle économique notamment un ancrage de notre système d’autoévaluation d’aujourd’hui. Et BoostMakers à envie à l’avenir de créer un espace d’autoévaluation dynamique, ouvert et adapté aux différents services, en dehors des normes qui sont trop chères et inaccessibles pour certaines entreprises de bonnes volontés mais qui se heurtent à un coût trop élevé. Nous pensons faire évoluer notre système d’évaluation au-delà des seules frontières françaises pour que chaque entreprise puisse s’inspirer de ce que nous proposons pour avoir un commerce éthique, une relation de collaboration gagnante et réduire drastiquement les avis négatifs ou les frustrations des relations commerciales.

Et pour y parvenir, tu as des partenaires aujourd’hui qui te suivent?
Oui bien sûr. Plusieurs partenaires nous suivent puisque dans l’état d’esprit même de la communauté, outre l’autoévaluation, nous avons besoin des auditeurs. Nous en avons plusieurs. Nous avons besoin aussi de plusieurs coachs pour pouvoir accompagner notre communauté. Nous avons fait une levée de fonds et nous avons par exemple aujourd’hui un partenaire comme la BNP qui nous suit. Du coup, nous sommes très bien entourés. 

Donne-moi deux mots pour inciter à s’inscrire su ta plateforme.
Pour le client : Nous lui permettons de faire des économies parce qu’il peut comparer les offres, de trouver les meilleurs fournisseurs car les nôtres détiennent la notation certifiée qui est la confiance. Quant au fournisseur, nous leur permettrons de rejoindre la Communauté des Makers que nous avons mis en place afin que la notation certifiée puisse remplacer l’argument commercial, et que leurs prix soient justifiés. Le but ici c’est qu’il puisse faire du business sans se poser trop de questions parasites et rencontrer leur marché tout simplement. 

C’est très novateur tout ça…  Je ne peux pas te laisser sans te poser un question un peu hors contexte… quoique… . Quel est ton rapport à l’art
Alors… j’adore l’art et plus précisément l’art contemporain. J’adore tout ce qui est création de façon générale, et je félicite surtout l’esprit créatif des gens car cela force le respect. 

Merci
Merci. 

 

Vilédé GNANVO

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