V.G.

Effet Graff ancre le graffiti au Bénin

Effet Graff ancre le graffiti au Bénin

Le mois de février 2019 a été l’occasion de découvrir Effet Graff, festival de graffiti qui a lieu au Bénin. Il est organisé par l’Association Sèna Street Art (ASSART) créée par un groupe de jeunes artistes engagés dans les domaines de l’art.

Brève historique

Stone et Dr Mario, fondateurs de l’association commencent par peindre des murs à Cotonou en 2013 avec très peu de moyens. Leur but est clair : montrer l’utilité sociale d’une discipline qui a le pouvoir d’inspirer le dialogue et séduit chaque jour un peu plus de personnes au Bénin.
Entre le début de leur activité et la 5ème édition d’Effet Graff, il y a l’investissement personnel et la conviction que l’art urbain mérite d’être accessible un plus grand nombre, tant il égaie le quotidien des gens. 

Peindre un mur, c’est contribuer d’une manière ou d’une autre à guérir quelqu’un… arracher un moment de bonheur à quelqu’un qui tombe inopinément sur un mur par exemple en allant au boulot le matin, pour moi c’est guérir ; je soigne les gens à travers la couleur, d’où le pseudo Dr Mario .

Dr Mario

L’association creuse son sillon en s’inspirant de ce qui se fait déjà dans d’autres festivals, à l’instar de son aîné Regraff [1]
Avec le temps, l’équipe s’étoffe et ils comprennent qu’un tel événement peut se déployer dans tout le pays. Le besoin d’explorer d’autres villes s’est concrétisé en 2017 quand ils se rendent compte que les gens étaient tout aussi réceptifs (voire plus) de leur message en dehors de Cotonou, la capitale économique du Bénin. 

Le Bénin ne se limite pas à Cotonou. Il faut sortir de Cotonou pour se rendre compte que les gens sont plus réceptifs à la chose que ce qu’on peut imaginer.

Stone

Ils décident alors d’aller à la rencontre du peuple et des différentes cultures .

Février 2019

Cinq ans après la première édition, les voici donc sillonnant 4 grandes villes du pays entre le 18 et 28 février 2019. De Cotonou à Grand-Popo en passant par Ouidah et Comè,  je découvre une trentaine de jeunes motivés par la nécessité de partager leur savoir. Ils composent avec toutes les difficultés qui persistent pour organiser ce genre d’événements au Bénin, pays où la valorisation des artistes n’est pas toujours une priorité. Rien donc d’étonnant à ce que la majorité des subventions des premières éditions du festival se soit faite sur fonds privé.

Infographie Effet graff 5 ©nofakeinmynews

Cette année, avec un budget évalué à 8 millions 827 mille de francs CFA [2] , l’association s’estime sur une bonne ligne de progression car elle optimise au mieux les moyens dont elle dispose. Elle revendique sa volonté de ne pas faire du graffiti vandal, consciente que la connotation négative accolée à cette forme d’art peut en desservir la cause. Il faut être perçu comme de véritables artistes de rue et éviter absolument d’être catalogué comme des voyous. 

Ici, nous, on fait le graffiti pour marquer les cœurs

Stone

Elle est de plus en plus crédible, alors les partenaires répondent plus présents. La rencontre des autorités locales ou institutionnelles se fait avec plus de fluidité pour obtenir des espaces culturels adaptés ou l’autorisation de peindre les murs.

Pour 2019, ASSART choisit des villes où la jeunesse est confrontée au besoin d’identification à un modèle de société. Elle axe sa thématique sur la célébration des « personnalités » modernes du pays.

En plus du graffiti, cette nouvelle édition s’enrichit donc des divers ateliers pluridisciplinaires, gratuits et ouverts à tous (ateliers de dessins animés, photographies, danses urbaines, calligraphies et musique). Tout un complexe d’activités développé autour d’un message porteur fort : mettre « l’art au service du peuple ». La cible prioritaire reste des jeunes chez qui ce festival pourra susciter une vocation particulière. L’ambition est que d’ici 5 ans, les talents dénichés aujourd’hui puissent s’engager en tant que participants actifs et créateurs pour les prochaines saisons.

La preuve par l’image

C’est ce à quoi s’est employé l’ensemble des organisateurs pendant les 10 jours du festival, où j’ai assisté à la réalisation de fresques murales et à certains ateliers.

À Cotonou, sur le mur à la Place des martyres, quatre jeunes parmi des talents révélés par Irawo sont à l’honneur.

Festival Effet Graff 5 - Fresque de la Place des Marthyrs à Cotonou 2019 - ©nofakeinmynews

À Ouidah, la fresque rend hommage à Oscar Kidjo, créateur du centre CIAMO  décédé quelque temps avant le début du festival. Son portrait figure sur le mur pour saluer l’appui qui a été le sien.


À Comè, en plus de la fresque murale, le centre Carrefour de jeunes a servi de lieu pour la mise en place des divers ateliers dont le graffiti et les danses urbaines.

Festival Effet Graff 5 - Mur réalisé à Comè - 2019 - ©Imagine Bénin

À Grand-Popo, sur les murs de la Villa Karo, le groupe qui a mis en avant des artistes du 7e art Djimon Hounsou et le cinéaste Sylvestre Amoussou

Festival Effet Graff 5 - Mur réalisé à Grand-Popo - 2019 ©Imagine Bénin

Pour clore le tout, les Amazones prennent le relais du mur au Centre à Cotonou, histoire de hisser un peu plus haut La femme, avec l’envie qu’elle serve de référentiel à d’autres générations.

Festival Effet Graff 5 – Amazones – Le Centre Cotonou 2019 – ©nofakeinmynews

La boucle est bouclée.

Mon point de vue

Par manque d’anticipation de mon côté, je n’ai pas pu suivre l’équipe dans sa tournée 24 h/24. Je sais qu’une immersion totale pendant tout le festival aurait été souhaitable pour restituer au mieux la densité et la richesse des moments vécus autour l’événement. Néanmoins le temps passé en leur compagnie à chaque fois me permet de témoigner de la bonne ambiance qui a régné dans cette équipe, de la volonté de se perfectionner et l’investissement dont a fait preuve chacun afin de concrétiser l’objectif de départ.

Festival Effet Graff 5 -Bus et bagages de la team- Comè 2019 - ©nofakeinmynews

J’ai été agréablement surprise par le dynamisme et la hargne qui animait le groupe , conscient des limites qui pouvaient parfois s’ériger en termes de technique, d’organisation ou de matériel. J’ai aimé l’état d’esprit autour d’un événement dont l’expansion est à portée de main et qui pour l’heure reste encore suffisamment à taille humaine pour que le plaisir ressenti ne soit pas feint.

Je suis convaincue que cette aventure connaîtra un bon parcours si ASSART (qui semble avoir l’ambition de faire d’Effet Graff un événement de référence) parvient à attirer dans les prochaines éditions encore plus d’artistes d’envergure venus d’ailleurs pour confronter les expériences de création.

Vilédé GNANVO

En savoir plus

[1] Festival de graffiti en place depuis 2012 au Bénin et piloté entre autres par l’artiste Rafiy Okefolahan
[2] Chiffre issu de la conférence de presse donnée par ASSART le 14 février 2019 

Rencontre avec Elvire Gandji, fondatrice de BoostMakers

Rencontre avec Elvire Gandji, fondatrice de BoostMakers

Alors que tout semble à portée de main via les nouvelles technologies ou les réseaux sociaux, entreprendre de nos jours reste une démarche compliquée tant il manque des facilitateurs pour accélérer les processus de création. C’est exactement sur ce constat que s’est appuyée Elvire GANDJI pour fonder son entreprise BoostMakers , une place de marché de services B2B pour les professionnels.

Sous cette dénomination, il y a le souhait d’ apporter une certaine facilité et fluidité dans les relations fournisseurs – clients. « BoostMakers est une communauté de professionnels de services, les MAKERS, qui partagent le valeurs de confiance, de bienveillance et de respect d’engagement pour générer la recommandation mutuelle d’affaires mutuelle et par leurs clients » .  

Tenace et visionnaire, elle me livre ici les points clés de sa plateforme dans le paysage entrepreneurial et ses perspectives de développement avec en filigrane, la valeur confiance au cœur du dispositif.

Logo BoostMakers


Bonjour Elvire 
Bonjour  

Parle moi un peu des grandes lignes de ton parcours 
Alors, j’ai un master en supply chain managment,  qui est la gestion globale de la logistique, avec une spécialité en systèmes d’information. Il y a quatre ans, j’ai fait un Executive MBA à NEOMA Business School. En termes d’expérience professionnelle j’ai été consultante pendant plus de vingt ans dans les grands cabinets de conseil tel que Cap Gemini . 

D’où te vient cette force d’entreprendre?  
Depuis toute petite j’ai eu envie d’entreprendre et d’assurer une forme d’indépendance. Et pour cela je me suis investie dans plusieurs choses comme la revente d’articles sur internet via Amazon. J’ai eu des velléités d’entreprise parallèlement à mon métier de consultante, donc après mon MBA j’ai décidé de me lancer dans l’aventure et j’ai créé BoostMakers. 

Justement, pourquoi BoostMakers ? 
BoostMakers est née d’une idée simple. Plus de 80 % des entreprises ont du mal à trouver des fournisseurs et plus de 90 % des TPE/PME ignorent les risques encourus lorsqu’elles signent un contrat. Aujourd’hui, quoique nous achetions, services ou produits, on nous demande notre avis. Mais c’est souvent après coup. Cela veut dire qu’on a vécu une expérience et on la partage mais on ne revient pas en arrière. Autrement dit, si on est déçu , on ne peut pas rattraper le coup, on ne peut que partager une expérience.  Du coup, BoostMakers (qui est une plateforme de services) a voulu changer les choses car pour nous, seule une relation de collaboration pérenne et fructueuse permettra de donner son avis après coup, donc d’avoir des indicateurs, (surtout de la confiance) pour pouvoir choisir son fournisseur et une entreprise avec laquelle on a envie de collaborer, d’acheter ou de rester dans une relation commerciale. BoostMakers a créé la Notation Certifiée qui est le résultat d’une évaluation des entreprises qui ont envie de montrer qu’elles sont de confiance. C’est LA place de marché de confiance 

Qu’est-ce qu’une place de marché ? 
Une place de marché c’est comme un marché traditionnel, un marché du dimanche ou type Carrefour. Sauf que cette fois ci, nous sommes en ligne. C’est l’offre et la demande qui se rencontrent en ligne grâce au développement du web 2.0 . Il y a celles des free-lances avec la mise à disposition des compétences. Il y a des places de marchés où on ne vend que des contacts, il y a celles où on vend etc… Mais il y a aussi des places de marché qui s’engagent, elles sont plus rares. C’est le cas de BoostMakers qui  rassemble des fournisseurs de confiance sur une place de marché multi-services. 

Comment se positionne BoostMakers par rapport aux  concurrents ? 
Chez BoostMakers , nous considérons qu’aucune relation pérenne ne peut exister sans confiance. Pour ça, nous créons les conditions de confiance totale basée sur la capacité à satisfaire un client et à respecter ses engagements et nous pensons que pour être dans cette dynamique de façon positive, il faut aussi que le fournisseur soit dans une recherche d’excellence. Cela ne veut pas dire qu’on est forcément excellent mais qu’on se remet en cause, on améliore constamment ce que l’on fait, on tire les leçons des retours d’expérience des clients et on se met au goût du jour. Se mettre au goût du jour c’est faire appel à l’innovation, à la remise en cause de soi, c’est miser sur une bonne formation des salariés. Aujourd’hui, on ne peut pas rester dans la course de la réputation du travail bien fait si on ne se remet pas en question de façon régulière.  
Notre valeur ajoutée à nous  est que nous avons mis en place sur notre plateforme des dispositifs permettant d’auto évaluer les fournisseurs de service pour savoir s’ils sont en mesure de respecter leur engagement et de donner satisfaction à leurs clients. Nous avons créé un environnement de collaboration durable entre clients et fournisseurs.
Concrètement,  pour mettre en relation l’offre et la demande, nous évaluons d’abord la qualité de l’offre et de l’offreur pour que la demande, donc le client ou le porteur de projet ne puisse pas être déçu après la mise en relation. C’est là où se situe notre engagement que nous pouvons appeler la mise en relation sécurisée. Nous sécurisons cette mise en relation par la Notation Certifiée. Ça veut dire que n’importe qui en position d’achat ou porteur de projet aura en sa possession un ensemble de critères pour qualifier son offreur, vendeur ou entreprise fournisseur.

Comment vois-tu BoostMakers dans deux ans?
Quand je me projette, je vois une évolution de notre modèle économique notamment un ancrage de notre système d’autoévaluation d’aujourd’hui. Et BoostMakers à envie à l’avenir de créer un espace d’autoévaluation dynamique, ouvert et adapté aux différents services, en dehors des normes qui sont trop chères et inaccessibles pour certaines entreprises de bonnes volontés mais qui se heurtent à un coût trop élevé. Nous pensons faire évoluer notre système d’évaluation au-delà des seules frontières françaises pour que chaque entreprise puisse s’inspirer de ce que nous proposons pour avoir un commerce éthique, une relation de collaboration gagnante et réduire drastiquement les avis négatifs ou les frustrations des relations commerciales.

Et pour y parvenir, tu as des partenaires aujourd’hui qui te suivent?
Oui bien sûr. Plusieurs partenaires nous suivent puisque dans l’état d’esprit même de la communauté, outre l’autoévaluation, nous avons besoin des auditeurs. Nous en avons plusieurs. Nous avons besoin aussi de plusieurs coachs pour pouvoir accompagner notre communauté. Nous avons fait une levée de fonds et nous avons par exemple aujourd’hui un partenaire comme la BNP qui nous suit. Du coup, nous sommes très bien entourés. 

Donne-moi deux mots pour inciter à s’inscrire su ta plateforme.
Pour le client : Nous lui permettons de faire des économies parce qu’il peut comparer les offres, de trouver les meilleurs fournisseurs car les nôtres détiennent la notation certifiée qui est la confiance. Quant au fournisseur, nous leur permettrons de rejoindre la Communauté des Makers que nous avons mis en place afin que la notation certifiée puisse remplacer l’argument commercial, et que leurs prix soient justifiés. Le but ici c’est qu’il puisse faire du business sans se poser trop de questions parasites et rencontrer leur marché tout simplement. 

C’est très novateur tout ça…  Je ne peux pas te laisser sans te poser un question un peu hors contexte… quoique… . Quel est ton rapport à l’art
Alors… j’adore l’art et plus précisément l’art contemporain. J’adore tout ce qui est création de façon générale, et je félicite surtout l’esprit créatif des gens car cela force le respect. 

Merci
Merci. 

 

Vilédé GNANVO

AKAA 2018 explore les axes Sud/Sud

AKAA 2018 explore les axes Sud/Sud

La troisième édition de la désormais installée foire AKAA (Also Known As africa) ouvrira ses portes au grand public dans quelques heures et durera jusqu’au 11 novembre au Carreau du Temple à Paris.

L’occasion une fois de plus de découvrir l’éclectisme d’une production artistique, à travers la seule foire d’envergure en France qui regroupe en un seul lieu tous les types d’expressions contemporaines (sculpture, peinture, photographie, installation, performance et design) d’artistes africains, ou ayant comme dénominateur commun de revendiquer un lien à l’Afrique.

Le lien comme fil conducteur de cette édition.

La foire place l’Afrique au centre. D’où la satisfaction de constater que les interactions qui se font autour des artistes de ce continent élargissent le périmètre d’intérêt au fur et à mesure que les éditions se succèdent.

Dans l’extension de ce qu’on a pu voir l’an passé, AKAA 2018 « accueille 49 exposants, avec des nouveaux venus du Portugal, d’Italie, d’Afrique du Sud ou du Maroc … Cuba, de France, des États-Unis, de Corée du Sud, de l’Île Maurice et du Moyen-Orient  »  [1] . 135 artistes issus de 40 pays (Afrique – Amérique Latine – Amérique du Nord – Asie – Europe) voient leur travail représenté sur les stands des galeries. L’idée est de créer une caisse de résonance d’une Afrique en dialogue avec d’autres régions du Sud.

Les exposants une fois de plus guideront les regards des visiteurs sur des artistes dont les influences sont au-delà de leur seul environnement géographique. De leurs échanges issus de contextes différents ont surgi des réalisations d’autant plus riches que parfois la recherche des racines aura été source d’inspiration.

A l’image de la quête d’origine qui se retrouve dans l’installation monumentale réalisée par de l’artiste cubaine Susana Pilar et conçue spécialement pour l’édition d’AKAA 2018. On peut l’admirer dans la nef centrale du Carreau du Temple. Dans les œuvres de sa série « Lo que contaba la abuela… » (Ce que mamie racontait…) qui composent l’installation, l’artiste révèle précisément l’histoire de sa famille et notamment ses racines sino-africaines. À travers le parcours de ses ancêtres femmes, elle construit une enquête et fouille dans son passé à la recherche de son ancêtre (masculin) arrivé à Cuba à la fin du XIXe siècle.

Une partie de l'installation de la série « Lo que contaba la abuela… » réalisée par l'artiste Susana Pilar - AKAA 2018 - ©No Fake In my News

Plus tourné vers l’avenir, il y a le travail du photographe Alun Be , non représenté en galerie mais  accueilli dans le cadre de AKAA Underground (le laboratoire de pratiques et de pensées artistiques …). Avec sa série « Edification  » , il questionne les notions de lien et héritage :

  • Le passage de l’enfance à l’âge adulte
  • Le passage des rituels ancrés dans les sociétés traditionnelles à un futur numérique inévitable

Dans les deux cas, la photo envisage la nécessité de la transmission. Et si l’impact des nouvelles technologies sur nos sociétés s’invite ainsi dans le débat c’est qu’il pose questions. Entre symboles traditionnels et casque de réalité virtuelle, heureux qui aujourd’hui pourra déterminer quelle empreinte marquera le langage universel de demain.

Enlightened Play de la serie Edification - Par l'artiste Alun Be - AKAA 2018 - ©No Fake In my News

Connexions Sud Global

Ce qui semble certain, c’est que le moyen le plus sûr de « rassurer le futur » reste dans la volonté de s’ouvrir à l’autre et d’échanger. C’est la démarche dans laquelle s’inscrivent déjà des galeries comme la Galerie Vallois qui met en lumière un dialogue entre les artistes béninois et cubains qu’elle représente, deux pays qui ont en commun l’héritage mémoriel de l’esclavage. C’est aussi l’ambition que se fixe la programmation culturelle de la foire, avec comme champ d’exploration les passerelles qui existent  entre divers artistes du sud, des Amériques à l’Asie en passant par le Moyen-Orient.
 
Via Les Rencontres AKAA, chaque intervenant participera de sa réflexion sur les partages des pratiques artistiques, le développement des savoir-faire et sur les initiatives qui portent l’art africain bien au-delà de ses frontières. L’état de l’art de l’Africain en pleine extension sera parcouru tout autant que ses perspectives d’avenir.
 
La conférence Pinceaux de lumière se penchera sur l’impact des programmes de résidences croisées d’artistes et en quoi ils participent de la valorisation des relations Sud/Sud et favorisent des rapports Nord/Sud plus horizontaux.
 
La table ronde What is blackness  aura pour thème de réfléchir à la signification du concept de « Blackness » aujourd’hui, comme esthétique ou expérience particulière, mise en lumière par un retour sur l’histoire des mouvements artistiques et politiques noirs et de leurs évolutions.
 
La rencontre Si je perds le Nord, puis-je encore trouver mon Sud ? portera sur la possibilité de se saisir du domaine artistique en tant qu’outil pouvant permettre de se soustraire de la cartographie créée par l’Europe de l’Ouest au XVIe siècle, et qui a divisé l’humanité entre ceux qui comptent et ceux qui ne comptent pas.
Autant de sujets qui font écho aux événements qui se produisent dans le monde, comme par exemple ces deux faits marquants de l’actualité cette semaine en France.
 
  • Le 4 novembre 2018, le référendum qui a eu lieu en Nouvelle Calédonie voit les partisans du non à l’indépendance l’emporter à 56,7 %. La victoire n’est pas écrasante, forçant ainsi les protagonistes des différents camps à une nouvelle phase de dialogue [2] et [3].
  • Cent ans après l’armistice de 1918, un monument rendant hommage à l’Armée noire a été inauguré le mardi 6 novembre à Reims, une façon d’honorer la mémoire et les origines de combattants des anciens pays colonisés [4].
Si je mentionne ces exemples, c’est parce que la création artistique s’imprègne toujours des questions d’actualité,  politiques ou sociétales. Ces thématiques de mémoire ou d’origines en font partie. Et qu’elles soient douloureuses pour certain ou salutaires pour d’autres, elles ne sont jamais vaines à interroger. Bien au contraire, elles rendent légitimes les débats sur ces connexions et ces dialogues du Sud Global, qui nous éclairent sur la société d’aujourd’hui et invitent à repenser la carte du monde. [5]
 
On comprend donc qu’en 2018 la diversité des liens qui unissent l’Afrique aux autres régions du monde  [6] soit mise en lumière par AKAA, foire qui permet de tisser des liens entre acteurs et amoureux de l’art.

Vilédé GNANVO

Pour plus d’informations : 

AKAA Du 09/11/2018 au 11/11/2018 au Carreau du temple; 4 rue Eugène Spuller ; 75003 – Paris France

 
Horaires
Vendredi : 12h-19h30
Samedi : 12h-21h
Dimanche : 12h-19h
Strokar Inside : nouveau temple des arts urbains à Bruxelles

Strokar Inside : nouveau temple des arts urbains à Bruxelles

Aujourd’hui, on voyage exprès d’un coin à l’autre pour admirer les plus belles formes d’art urbain. C’est ce que j’ai fait en me rendant récemment à Bruxelles pour découvrir STROKAR INSIDE ouvert depuis le 6 septembre 2018 en plein centre de la Capitale Européenne.

Depuis plus de 30 ans, l’art urbain ne se limite plus aux murs. Il entre régulièrement dans la scène des galeries d’art, s’approprie des espaces plus ou moins clos. L’underground est plébiscité par le grand public. Beaucoup d’initiatives existent pour permettre aux artistes d’être actifs en s’intégrant dans des projets éphémères, et rendre accessible un art longtemps ostracisé.

STROKAR INSIDE est un exemple de ce type d’initiative. Il a été mis en place par l’association non lucrative Strokar, « fondée en mars 2016, par Alexandra Lambert – CEO de Mad Brussels, fashion and design Platform, et Fred Atax , réalisateur et photoreporter durant 20 ans. » [1]  L’espace étendu sur 5 000 m2 se situe Chaussée de Waterloo et réunit les œuvres de plus d’une centaine d’artistes dans un ancien supermarché Delhaize Molière. C’est « un concept total combinant un musée, une galerie, un espace bar, un shop, des solo shows d’artistes, un skate park, une foire d’art, des expositions, un parcours de fresques, des projections de films et documentaires, des happenings et performances autour du street art et du graffiti à un niveau international. » [2]

Strokar Inside 2018 - @No Fake In My News
Via cet événement, l’objectif est de faire de cette capitale européenne « une plateforme internationale qui atteste de l’écosystème global du street art et de l’art dit urbain ». [3]  Pas étonnant vu l’engouement suscité par cet art qui marche de plus en plus dans les pas de l’art contemporain. Une ville comme Bruxelles se devait de disposer d’un tel référentiel. L’association Strokar s’attelle à cette ambition.

Si au premier contact j’ai eu très peur de l’apparente froideur dans le hall d’accueil (l’espace gagnerait en présence humaine plus chaleureuse) la scénographie dès l’entrée donne à l’ensemble une impulsion indéniable. Je remarque la signature de Joachim Romain, STeW et Vincent Bargis me proposent de danser, ZDEY m’invite à explorer : la découverte peut commencer.

Étendue sur plusieurs niveaux,  l’expo nous plonge  dans les possibilités du street art en tant que discipline. On devine  le dévouement que chaque artiste a mis dans sa création, les heures de « labeur » qu’il y a consacré sans que cela n’altère en rien la spontanéité nécessaire à cet univers. L’œil est guidé de manière agréable sur tout l’espace. Les styles se juxtaposent en laissant entrevoir une fluidité dans le rythme.  Les œuvres exposées sont aussi intéressantes que la lecture des thèmes sociaux du moment qu’elles abordent. Le féminisme est célébré par Lady Jday, le consumérisme, le gaspillage et le recyclage sont dénoncés via  l’installation du collectif Iretge . Alexandre Keto quant à lui rend hommage à l’apport du Congo dans l’histoire Belge, les travailleurs de Jaune sont bien visibles dans le paysage.

La fin du parcours est plus sombre. Nous voilà face  à la réalité de la condition humaine. Les squelettes de KLAAS VAN DER LINDEN se pendent, dansent, s’embrassent, prient ou s’aiment. La mort rôde avec les pochoirs de Dr Bergman ou sous forme allégorique avec YU

Entrer dans cet espace m’a libéré de l’inquiétude du moment, le temps de ma visite d’environ 1h30 qui s’achève sur l’exposition de toiles de 2 grands noms du graffiti new-yorkais : T-KID et Cope2

L’ambition d’ « attirer les plus grands artistes ou des talents montants du Street Art, du Graffiti, de la Peinture et de la Photographie urbaines …et sensibiliser le grand public à la beauté de la discipline », devrait pouvoir se pérenniser sans trop de souci. Le lieu est voué à se renouveler à s’enrichir de la contribution de nouveaux artistes. 

Le supermarché du street art est ouvert, allez y faire vos courses ! 

Vilédé GNANVO

Pour plus d’informations : 
Strokar Inside : 569, Chaussée de Waterloo 1050 Bruxelles.
Le lieu est ouvert du mercredi au dimanche (11 heures – 18 h 30 / 22 heures : bar) pour le grand public.
Pas de date de fin décidée pour le moment

Sources : 
[1] – [2] – [3] http://strokar-inside.com

Regardez l’art dans les yeux !

Regardez l’art dans les yeux !

Nous sommes tellement envahis de flux d’images que de nombreuses œuvres présentes dans le paysage échappent à notre vue. Mais si on prend la peine de bien ouvrir les yeux, on remarquera sur nos murs une grande variété de regards qui nous observent en permanence. Dans cet article, j’ai sélectionné quelques-uns de ceux qui ont attiré le mien, dans l’optique de mettre à l’honneur l’un des 5 sens du corps humain : La vue.

Petit rappel du Sens

La vue nous permet d’observer et d’analyser l’environnement à distance au moyen des rayonnements lumineux. [1] Quant au regard, il symbolise entre autres l’action de porter la vue sur quelqu’un ou quelque chose. [2]  C’est par cette action que j’ai photographié les œuvres de différents artistes que je propose ici, et qui représentent des regards observateurs, charmeurs, interrogateurs, attristés, effacés, désabusés ou encore admiratifs….

Il n’est pas toujours facile de trouver les mots justes pour décrire une expérience visuelle. Je vous épargne donc toutes les sensations que j’ai ressenties en les voyant car L’œil le meilleur ne vaut pas une règle. [3]  Mais outre l’esthétique, elles ont toutes en commun d’avoir provoqué en moi l’espoir d’être au plus près du message qu’a voulu délivrer l’artiste. Pour autant, c’est avec mes émotions du moment que je les ai abordées, ce qui reste je crois la manière la plus honnête de les recevoir.

Le sens du regard

Placé dans le cadre des jeux de séduction, le pouvoir du regard est indéniable car c’est un objet de désir. En tant qu’instrument de communication, le mouvement des yeux peut se substituer à une boussole qui invite ou repousse l’autre à entrer en contact.

Regard de femme par FKDL ©No Fake In My news

Œuvre photographiée sur un mur du 10e arrondissement de Paris. Ce regard de femme est signé FKDL acronyme de Franck Duval. C’est un artiste peintre français, né à Paris en 1963. Spécialiste de l’art scotch et du collage, il rejoint le monde du street art en 2006. Il vit et travaille à Paris où on croise régulièrement sur les murs ses créations colorées, joyeuses et souvent véhiculant des messages positifs.

Pochoir par l'artiste Coco - ©No Fake In My news

Pochoir réalisé par l’artiste Coco , photographié sur les murs de Ménilmontant à Paris. Cette artiste est une étudiante en Histoire et Histoire de l’art, passionnée de dessin et de street-art.

Regard de femme voilée par AFK - ©No Fake In My news

Portrait d’une femme voilée par AFK photographié à Vitry-sur-Seine (94). Sur un mur à coté, l’auteur l’a accompagné du message « Treat her Right Bro ! » . AFK est un artiste, pochoiriste qui vit en Norvège et préfère garder l’anonymat. Il travaille les tons de gris avec une injection subtile des deux couleurs qui marquent sa signature : le rose et violet. Il introduit des questions considérées comme tabou dans la sphère publique afin de pousser à un questionnement sur notre monde conventionnel .

L’essence du regard

À lui seul le regard a le pouvoir de refléter des états d’esprit qui n’ont nul besoin d’être formulés par la parole: la tristesse, l’ataraxie, la peur, l’inquiétude, l’espoir, le questionnement et d’autres encore. Il porte le poids de la pensée. Les interprétations qui l’accompagnent proviennent bien sûr des codes culturels dans lesquels on a évolué. Mais il peut aussi convoquer autour de messages fédérateurs et à ce titre, il est un langage universel.

Ouvriers de Baudin par EvazéSir - ©No Fake In My news

« Ouvriers de Baudin » . Cette installation du duo d’artistes EvazéSir, membre du collectif no rules corp a été réalisée au Mausa . Evazé et Sir sont des acteurs d’art urbain avec leur propre style alliant graffiti, pochoir , collage ou peinture. Très actifs à l’international, ils réalisent des installations et des fresques murales composées de l’univers particulier de chacun, toujours teintées de pointe d’humour.

Papa. C’est quoi l‘argent ? par PBOY - ©No Fake In My news

« Papa. C’est quoi l‘argent ? » Cette fresque représentant un enfant en plein questionnement a été faite par PBOY ( Pascal Boyart ) dans le 19e à Paris. C’est un artiste peintre basé à Paris qui a commencé son parcours en se faisant un nom dans le milieu de l’art urbain. Dans beaucoup de ses réalisations, il questionne la représentation du regard et l’exploration de son potentiel expressif.

"In the eyes" par Big Ben - ©No Fake In My news

« In the eyes » est une œuvre de Big Ben , artiste autodidacte influencé par Bansky et Blek le rat. Il offre un regard à la fois enfantin et terriblement aiguisé sur notre époque via des détournements et autres compositions artistiques, pour un résultat qui déclenche la bonne humeur. On retrouve plusieurs de ses créations sur les murs de Lyon, notamment dans le quartier de la Croix Rousse où ce regard de David Bowie a été photographié.

Le sens par le regard

Et puis il y a les regards qui scintillent et nous ouvrent les portes sur des univers plus abstraits. Entre fiction et réalité, leurs éclats magiques nous dirigent vers une dimension nouvelle dans laquelle nous voulons nous balader. La machine à explorer les rêves se met en marche.

Oeuvre de Marko93 et Averi - ©No Fake In My news

L’œuvre est signée Marko93 aka DarkVapor, le french lighter et Averi . La photo a été prise prise sur les murs du 6b à Saint-Denis (dpt 93) . Marko 93 est artiste issu du graffiti et de la calligraphie depuis les années 80. C’est surtout au début des années 2000 qu’il perfectionne et popularise le procédé du light-painting qui devient aujourd’hui la marque de fabrique de son art. Quant à Averi, c’est un personnage de la scène graffiti de Bretagne depuis le début des années 90. De ses throw-up très identitaires, il humanise ses lettres et se donne aux portraits en “driping” associant formes construites et peintures plus libres. [6]

Oeuvre de Daze - ©No Fake In My news

Œuvre réalisée sur les murs de Vitry sur Seine. Son auteur Chris Daze Ellis a commencé sa carrière en peignant les métros de New York dans le milieu des années soixante-dix alors qu’il fréquentait la High School of Art & Design. Il est l’un des rares artistes de cette période à avoir réussi la transition du métro à l’atelier.

Oeuvre d'Andrew wallas - ©No Fake In My news

Photo prise sur les murs de Montreuil dans le cadre de l’événement It’s gonna be PaintFull III . Son auteur, Andrew Wallas est un artiste autodidacte et polyvalent influencé dès son plus jeune âge par la culture américaine hip-hop. Dans les années quatre-vingt-dix, il décide de se consacrer exclusivement à la peinture. Il est aussi à l’aise avec un pinceau qu’avec une bombe aerosol. Il cherche constamment l’harmonie à travers les formes, les volumes, les ombres et les lumières. [4]

Oeuvre de JALLAL - ©No Fake In My news

Mur réalisé par l’artiste graffeur Jallal membre du Crew LFE (La Fine Équipe) sur la façade de L’ART SEINE 22b quai d Austerlitz Paris 13.

Un petit mot pour finir…

« J’ai la conviction absolue que le sens et l’interprétation d’une œuvre d’art ne sont pas définis une fois pour toutes par l’artiste ni son époque, mais qu’ils sont enrichis par chaque regard, chaque visiteur » Marie Lavandier, directrice du Louvre Lens, historienne de l’art et anthropologue de formation. [5]  

2017 : Dernier coup d’œil avant de lui dire adieu

2017 : Dernier coup d’œil avant de lui dire adieu

 

L’année 2017 s’achève doucement et laisse dans nos esprits un ensemble d’événements particulièrement marquants. Entre interrogation, terreur, dépit, admiration ou surprises je reviens dans cet article sur quelques uns parmi ceux qui m’ont semblé importants.

20 janvier

 

Donald Trump élu deux mois plus tôt prête serment et est officiellement investi 45e Président des États Unis. La surprise des résultats du 8 novembre passée, beaucoup ( comme moi ) n’en reviennent toujours pas et se demandent quelle sera la nature de cette présidence durant les quatre années que l‘Amérique l’aura à sa tête. Les événements survenant tout au long de l’année prouveront qu’avec lui, chaque jour se lève avec son lot de surprises et stupéfaction.

 

Vague de récompenses pour La La Land, film musical en apparence légère. Néanmoins, un fait marque pour la première fois l’histoire des Oscars : le prix du Meilleur film lui a été attribué par erreur après une confusion dans les enveloppes. Mais en dépit de cette méprise et des quelques secondes de confusions qui ont suivi, tout est très vite rentré dans l’ordre. La vraie récompense est revenue au film tout aussi encensé et non moins poignant Moonlight , sous le regard ému des spectateurs.

26 févreir
14 mars

 

L’AFP confirme la mise en examen de François Filon dans le cadre des affaires d’emplois fictifs. Dans cette jungle politique qui aura vu d’anciens protagonistes confrontés au refus des français de les laisser s’inscrire à nouveau dans le paysage politique actif, l’homme fait face à un scandale qui pourtant ne l’empêchera pas de s’accrocher pour rester le candidat de son parti. Sa défaite comme on le verra deux mois plus tard aura été dévastatrice et laisse les militants d’une droite en proie à la plus grande incompréhension 

 

Coulée de boue en Colombie : plus de 300 morts. Les catastrophes naturelles n’épargnent malheureusement aucun coin de la planète cette année. La force de la nature continuera à se déchaîner des mois plus tard dans les îles avec les ouragans Irma ou Marie, le tremblement de terre en Italie, celui du Mexique ou encore les coulées de boue en Sierra Léone. Des messages de personnalités viennent pointer l’urgence de la prise en compte du dérèglement climatique. Mais entre effroi et désolation, les populations comprennent que ces déchaînements n’en sont qu’au début.

06 avril
07 mai

 

Au deuxième tour des élections présidentielles, Emmanuel Macron devient à 39 ans le plus jeune président de la République française avec 66,06 % et un Front National à 33,90 % ! Vote d’adhésion ou de dépit, les Français ont balayé le paysage politique d’avant. Ouvriers, agriculteurs, entrepreneurs, cadres ou fonctionnaires, tous ont les regards pleins d’espoir tournés vers la promesse de réussite d’un gouvernement qui n’a de cesse de mettre en avant ses personnalités issues de la société civile.

 

Après 196 jours passés en apesanteur à bord de la station spatiale internationale, Thomas Pesquet rejoint la terre. Le pays tout entier est en amour devant ce champion venu du ciel, ingénieur aéronautique, pilote de ligne, beau, talentueux, intelligent. Son aventure est une belle occasion pour que le cocorico français résonne. Comme moi, beaucoup exultent, vivant par procuration l’ivresse de l’espace, les yeux pleins d’admiration.

02 juin
11 juillet

 

Jean Michel Lambert, juge chargé de l’affaire du petit Grégory Villemin se suicide dans son appartement. Ce nouvel événement vient assombrir une affaire non élucidée depuis plus de 30 ans avec de nombreux rebondissements judiciaires. D’erreurs d’inculpation au meurtre de vengeance en passant par le suicide, cette énigme dont la réponse semble être détenue par un cercle fermé familial a eu de quoi faire tourner les yeux a 3 générations.. Aujourd’hui plus que jamais, le mystère de ce scénario digne d’une série de science-fiction reste entier.

 

Usain Bolt prend sa retraite sportive à l’issue des Championnats du monde 2017 à Londres, où il obtient (seulement) la médaille de bronze sur 100 m. Il se blesse en finale du relais 4x100 m pour la dernière course de sa carrière. Tout le monde l’attendait sur cette potentielle dernière performance. Mais la foudre cette fois-ci a frappé au mauvais endroit. Et si l’athlète a marqué les esprits avec son sens du divertissement hors du commun, c’est le souffle coupé qu’il a fallu admettre pour de bon sa sortie des pistes en tant que professionnel.

12 aout
19 septembre

 

Donald Trump menace de « détruire » la Corée du Nord et son chef suprême qu’il surnomme « l’homme-fusée ». Depuis quelques semaines, c’est l’escalade verbale entre ces 2 leaders. Kim Jon Un n’en finit pas de vouloir prouver à quel point l’arme nucléaire est à sa portée, et Trump de vouloir démontrer la puissance des États Unis. Rien de tout ça ne serait effroyable à nos yeux s’il ne s’agissait d’un combat de coq avec des protagonistes aussi imprévisibles, égocentrés qu’immatures. Le monde tremble car à l’heure actuelle, personne ne sait jusqu’où ils iront dans la provocation au risque de nous faire basculer dans le pire, l’effroi…

 

 Affaire Harvey Weinstein ou le début d’un scandale planétaire. Des révélations accablantes sont faites par les témoignages de plusieurs actrices ayant subi les agressions du producteur  longtemps adulé. C’est le début d’une vague de prises de paroles  venant  de personnalités de tout secteur. Que l’on cautionne ou non la méthode, le hashtag #balancetonporc en France aura été un moyen de porter la voix de milliers de femmes qui désormais veulent crier tout haut ce qu’elles ont subi. Une nouvelle ère s’ouvre qui espérons permettra une prise de conscience profonde de ces pratiques trop longtemps tues, impunies laissant souvent dans le regard de bon nombre  de femmes, ce grand désarroi. 

05 octobre
21 novembre

Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, a démissionné. Dans une lettre remise au président de l’Assemblée nationale il met ainsi fin à 37 ans de règne, poussé quelques jours plus tôt par l’action de l’Armée. Des célébrations de joie éclatent dans les rues de Harare. Le même jour, le parti au pouvoir, le Zanu-PF annonce que l’ancien vice-président Emmerson Mnangagwa lui succéderait. Celui-là même qui a fait partie des instances proches du pouvoir depuis les années quatre-vingt. Une question demeure : serait-ce la double face d’une même politique ou le début d’un réel changement pour une Zimbabwe déjà ruinée par les frasques d’un dirigeant omnipotent

 

 

Jonnhy Hallyday est mort. Toutes les icônes s’en vont. Aujourd’hui, la star française qui a échappé au pire à plusieurs reprises s’est définitivement éclipsée. Il laisse un immense vide dans le paysage culturel français car il a accompagné des générations entières de familles. L’année s’achève ainsi sur une très une mauvaise note. Mais dans son nouvel ailleurs, il continuera sans doute à égayer musicalement les anges.

05 décembre

Ça y est, la boucle est bouclée. Bye Bye 2017. Espérons que 2018 nous réserve un cocon agréable.

Vilédé GNANVO

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