Depuis le 18 novembre, Le Ferry accueille dans ses locaux l’exposition de plusieurs œuvres de l’artiste KEO, peintre plasticien, spécialiste du post-graffiti. Dans ce lieu de lieu de fabrique culturelle à Palaiseau, l’artiste nous offre une rétrospective et des nouveautés sur son travail qui révèlent la créativité et la diversité de ses modes d’expression.

Biographie de KEO

Personnage représentant KEO

Originaire de la banlieue sud de Paris, il découvre le graffiti à l’âge de 17 ans. Il fait la connaissance et intègre deux « crew » (STK ==> Soul Terrifik Kidz et DST) pour peindre à la bombe, souvent dans l’urgence et de nuit. Son parcours en graffiti s’achève vers le milieu des années quatre-vingt-dix, période où il commence à travailler en agence de communication pour quelques années. [1]

En 2006 il décide de se consacrer pleinement à sa création personnelle. Sa matière première devient la récupération d’objets provenant de l’environnement urbain : plaques de métal, des objets, des plans, des photos. Il a conscience d’emprunter à l’art moderne, contemporain, ainsi qu’à l’art brut. Également né à l’ère des médias de masse, il se nourrit d’images télévisuelles, éditoriales, publicitaires et numériques, de bandes dessinées. [2]

L’exposition commence dans une première salle.

On découvre une série de ses créations sur du matériel de récupération qui proviennent des encombrants de métal, du bois ou divers matériaux. On voit son travail de transformation d’objets usuels en œuvres d’art, loin de l’académisme formaté. Il crée des œuvres abstraites, les supports s’y prêtent parfaitement. Il illustre avec justesse l’environnement dans lequel l’humain vit, et qui est voué à se transformer. On est de fait questionné sur ce qui nous entoure et leur usage.

 

Puis il y a une deuxième salle dans laquelle on suit l’évolution de sa création.

Ici, il revient à la peinture via le portrait, ce qui lui permet de renouer avec son amour du dessin et du graff. Dans toute cette série, les regards apposés sur le métal sont vifs, souvent captivants. Cette galerie de portraits semble nous inviter au dialogue pour mieux cerner la fragilité des choses. Il y interroge de manière métaphorique les étapes que la vie nous réserve avec les mystères inscrits sur les visages. La froideur implacable du métal est atténuée par la finesse des traits des personnages et la précision du travail à l’aérosol. On est beaucoup plus dans l’expressif avec un mélange savoureux d’art contemporain et art brut.

En continuant dans la salle, le visiteur admire des œuvres crées avec des techniques différentes. Il y a des petits et grands formats, des dessins réalisés au stylo à bille sur vieux papiers, des œuvres où s’entremêlent graff, peintre et où l’aérosol est souvent convié. Il a un univers très éclectique. Mais la variété des genres n’occulte en rien la cohésion entre les différents éléments exposés. Bien au contraire, elle nous fournit des billes sur le parcours singulier de l‘artiste, sur son identité.

Ambiance générale

Après le tour des lieux, j’ai une discussion avec l’artiste que j’ai la chance de rencontrer sur place. Elle révèle toute la simplicité de quelqu’un qui semble conserver ce goût pour l’Autre. Je suis frappée par sa pudeur et le souci du partage qui semble être le sien. J’aime les œuvres qu’il expose. Le temps d’une expo, je rencontre une personne dénuée d’artifice, loin de toute volonté d’être hissé au-dessus des autres et qui a pris le temps de revenir sur son parcours.

Une parenthèse d’échanges à laquelle j’ai pris plaisir à participer, sans jamais quitter des yeux les œuvres exposées.

Vilédé GNANVO

Plus d’informations

Sur l’artiste KEO:
Site internet: www.keoner.com
Facebook : https://www.facebook.com/keo.peintre

Sur l’exposition :  du 18 novembre au 23 décembre 2017
Le Ferry ; 10 avenue de Stalingrad, Palaiseau
Horaires d’ouverture : Mercredi de 14 heures à 19 heures / Vendredi de 17 heures à 19 heures / Samedi de 14 heures à 19 heures

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