Focus street-art

L’expo qui envoie du bois

L’expo qui envoie du bois

«  On envoie du bois  » est une exposition collective menée par un collectif d’artistes,  via leur association «  Friches & nous, la paix » qui existe depuis 2003. La galerie se situe 16 rue Dénoyez à Paris, dans cette rue connue pour le passage d’artistes du monde entier qui viennent recouvrir les murs et les fenêtres par leurs œuvres.

L’espace qui semble également un lieu de rencontre entre et avec des artistes n’a rien du « bling bling ». Quand j’arrive, je vois des pochoirs et des créations réalisés sur des planches de bois. D’autres œuvres sont élaborées à partir de matériaux de récupération. Je repère des pièces d’artistes ( Yarps , Basto ) que je connaissais déjà.

Vintage Sailor Marilyn, par Yarps

 

Je suis accueillie par le street artiste Pixal Parazit qui m’explique son parcours. Il me décrit son processus de réalisation et le support dont il s’est servi cette fois-ci pour l’expo : le polystyrène. Je suis attirée par un ensemble d’objets travaillés avec du volume. Ce sont des visages colorés ornés d’accessoires fantaisistes, réalisés avec minutie. J’en ai déjà croisé sur les murs de Paris . Il me parle du long travail de précision nécessaire pour la découpe et l’assemblage à la main, avant de parvenir au résultat des pièces exposées. Il me fournit aussi des éléments d’explication sur les rituels associés au Daruma, qu’il reproduit sous forme de stickers et colle dans les rues.

 
Réalisations de Pixal Parazit

 

Nous sommes ensuite rejoints par Pedrô! ,  autre artiste et cogérant de l’association. Il a un air nonchalant et le regard taquin. Il sera  mon guide pour le reste des œuvres exposées, dont les siennes, qu’il anime en me racontant l’histoire de chacune d’elles. Il a le genre d’approche qui réduit immédiatement les distances, avec un vrai sens de la répartie. Quand je qualifie de « Génial! » une des œuvres qu’il me montre, il relativise tout de suite mon propos par un trait d’humour. Preuve s’il en fallait une de sa modestie. Mais je le reçois aussi comme une manière de pousser à plus de réflexion pour que les choses dites soient mieux pensées et ne laissent pas de place à la flagornerie.

Pedrô! me fait découvrir une pièce dans laquelle sont entreposées plusieurs de ses créations sur des objets du quotidien qu’il a réussi à transformer. Ce sont pour beaucoup, des reproductions de ce que je devine être ses idoles ou tout au moins les personnes ayant marqué son parcours. Ses pochoirs, œuvres sur bois ou récupération témoignent d’une influence pop art américaine, une culture politique, musicale, mais aussi de son refus de capituler face aux événements révoltants de la société dans laquelle on vit.

 
genoux a terre de Pedro

Cet état d’esprit général mêlant ironie et refus de résignation transparaît dans la plupart des autres œuvres de l’exposition.

Panorma d'oeuvres exposées
Face 1 de la réalisation en bois sous forme de puzzle par F. Lautissier . Pour voir la Face 2, il faut aller sur place

En plus des objets accrochés, c’est aussi pour le lieu qu’on gagne à avoir fait le déplacement. A la première impression on ne se douterait pas forcément qu’il regorge de petits trésors remplis d’histoires, de l’humanité et l’esprit de partage venant des artistes,  sans oublier le plus important à mes yeux : leur bienveillance.

J’en arrive presque à oublier qu’une galerie d’art est également là où les œuvres se vendent. Ici, il faut le préciser, les prix annoncés restent abordables.

Alors même si vous êtes indifférents à l’histoire de la rue Dénoyez, si vous ne comprenez pas pourquoi on fait toujours un tapage autour du budget pour la création artistique, faites quand même un tour rien que pour la rencontre avec les personnes de cet espace. Allez-y et vous verrez, vous serez sûrement piqués par le virus inoffensif de leur univers.

Et qui sait, si vous avez de la chance, peut-être bien que Pedrô! vous proposera aussi du thé…

 

Vilédé GNANVO

 

Liste des artistes exposés :

F.Lautissier  –  Jupiter Jones  – SP38  – YARPS – MôMô BasTa –  Basto – Spliff Gâchette  – Bault  – Pixal Parazit – Danzia Beretta   Popay – Fapeyla  – Pedrô! – R Pablo

 

Pour en savoir plus :

L’exposition « On envoie du bois » est en cours jusqu’au 15 janvier 2018
Friches &nous, la paix . 16, rue Dénoyez 75020 Paris.
Entrée libre

 

http://art16denoyez.canalblog.com/

 

Céz Art : fenêtre ouverte sur des animaux pop

Céz Art : fenêtre ouverte sur des animaux pop

C’est lors d’un passage récent à Reims que j’ai eu l’occasion de voir une partie des réalisations de Céz Art, un artiste rémois de 28 ans. Son travail est un mélange de pop art, d’art urbain, et de graphisme. Il décrit ses peintures comme une fenêtre ouverte sur un monde onirique souvent non humanisé où la vie prolifère [1].

Avec ses collages dans les rues, il se sert de matière biodégradable pour réaliser des créations figuratives, colorées et  principalement axées sur le thème de la nature et des animaux.

J’ai pu découvrir les œuvres qu’il a produites au parking Buirette à Reims, en collaboration un autre artiste du nom de Jean Luc Breda , dans le cadre du projet Color Fusion. Pour cela, ils ont eu l’appui de Champagne Parc Auto qui leur a laissé carte libre pour leurs réalisations.

À l’entrée du parking, une fresque murale nous accueille. Elle est le résultat de l’univers des deux artistes, avec le style figuratif de l’un et l’univers plus abstrait de l’autre.

Les œuvres ont été reproduites et ensuite collées. En tout, elles sont 22 à être disséminées un peu partout, et sur chaque palier des cinq niveaux du parking. Elles sont disposées dans des endroits stratégiques de sorte à être visibles par le plus grand nombre d’usagers ( sas d’ascenseur, entrées, sorties…) . Avec leurs couleurs vives, elles ont pour but de réduire le côté anxiogène que peuvent provoquer les parkings, généralement froids et bétonnés. Les automobilistes peuvent ainsi échapper à la sinistrose habituelle de ces lieux souterrains.

Parallèlement, au Pavillon CG où Il expose de manière permanente, Céz Art est aussi à l’honneur à l’Office du Tourisme de Reims où il nous propose via « Animal Feather » quelques-unes de ses toiles les plus récentes. À travers les animaux, il axe sur le nécessaire retour à la nature en dénonçant une société tellement modernisée et aseptisée qu’elle en devient dénuée de toute humanisation [2] .

Toiles de Céz Art - ©No Fake In My News
Angry monkey-Panda is the new king -Homeless
Flamingo Acrylique et aérosol sur toile par Céz Art - ©No Fake In My News
Fusion #1 - acrylique et aerosol sur bois - par Céz Art- ©No Fake In My News
Happy monkey – acrylique et spray sur toile 2

Pour ces collages urbains, il utilise des matières biodégradables, avec un mélange de papier, eau et fécule de pommes de terre. Cela est en parfaite adéquation avec un artiste soucieux de mettre à l’honneur les problématiques proches de la nature, source de vie de part sa diversité. Ses créations peuvent aussi se retrouver sur d’autres espaces comme ci dessous, avec la réalisation de la fresque Léo à l’Hôtel Akena.

Projet Color Fusion 6- ©No Fake In My News

Je suis totalement conquise par son univers d’animaux poétiques, colorés, parés d’ailes et de plumes.

 

Vilédé GNANVO

 

Pour en savoir plus:

Exposition permanente 2016-2017
​PAVILLON CG ​7 rue Noël – Reims
Horaire : 9 heures-15 heures / 18 h 30-23 heures sauf mercredi et mardi soir

​Exposition « Animal Feather » à l’Office du Tourisme du Grand Reims  (Parvis de la cathédrale 6 rue Rockefeller)
Du 24 novembre 2017 au 1er janvier 2018  Entrée libre ; Ouvert tous les jours

Sources :

[1]    http://cez-art.wixsite.com/cez-art/c-z-art
[2]    www.facebook.com/events/252996848560989
À Reims, l’art entre au parking

L’expo KEO au Ferry

L’expo KEO au Ferry

 

Depuis le 18 novembre, Le Ferry accueille dans ses locaux l’exposition de plusieurs œuvres de l’artiste KEO, peintre plasticien, spécialiste du post-graffiti. Dans ce lieu de lieu de fabrique culturelle à Palaiseau, l’artiste nous offre une rétrospective et des nouveautés sur son travail qui révèlent la créativité et la diversité de ses modes d’expression.

Biographie de KEO

Personnage représentant KEO

Originaire de la banlieue sud de Paris, il découvre le graffiti à l’âge de 17 ans. Il fait la connaissance et intègre deux « crew » (STK ==> Soul Terrifik Kidz et DST) pour peindre à la bombe, souvent dans l’urgence et de nuit. Son parcours en graffiti s’achève vers le milieu des années quatre-vingt-dix, période où il commence à travailler en agence de communication pour quelques années. [1]

En 2006 il décide de se consacrer pleinement à sa création personnelle. Sa matière première devient la récupération d’objets provenant de l’environnement urbain : plaques de métal, des objets, des plans, des photos. Il a conscience d’emprunter à l’art moderne, contemporain, ainsi qu’à l’art brut. Également né à l’ère des médias de masse, il se nourrit d’images télévisuelles, éditoriales, publicitaires et numériques, de bandes dessinées. [2]

L’exposition commence dans une première salle.

On découvre une série de ses créations sur du matériel de récupération qui proviennent des encombrants de métal, du bois ou divers matériaux. On voit son travail de transformation d’objets usuels en œuvres d’art, loin de l’académisme formaté. Il crée des œuvres abstraites, les supports s’y prêtent parfaitement. Il illustre avec justesse l’environnement dans lequel l’humain vit, et qui est voué à se transformer. On est de fait questionné sur ce qui nous entoure et leur usage.

 

Puis il y a une deuxième salle dans laquelle on suit l’évolution de sa création.

Ici, il revient à la peinture via le portrait, ce qui lui permet de renouer avec son amour du dessin et du graff. Dans toute cette série, les regards apposés sur le métal sont vifs, souvent captivants. Cette galerie de portraits semble nous inviter au dialogue pour mieux cerner la fragilité des choses. Il y interroge de manière métaphorique les étapes que la vie nous réserve avec les mystères inscrits sur les visages. La froideur implacable du métal est atténuée par la finesse des traits des personnages et la précision du travail à l’aérosol. On est beaucoup plus dans l’expressif avec un mélange savoureux d’art contemporain et art brut.

En continuant dans la salle, le visiteur admire des œuvres crées avec des techniques différentes. Il y a des petits et grands formats, des dessins réalisés au stylo à bille sur vieux papiers, des œuvres où s’entremêlent graff, peintre et où l’aérosol est souvent convié. Il a un univers très éclectique. Mais la variété des genres n’occulte en rien la cohésion entre les différents éléments exposés. Bien au contraire, elle nous fournit des billes sur le parcours singulier de l‘artiste, sur son identité.

Ambiance générale

Après le tour des lieux, j’ai une discussion avec l’artiste que j’ai la chance de rencontrer sur place. Elle révèle toute la simplicité de quelqu’un qui semble conserver ce goût pour l’Autre. Je suis frappée par sa pudeur et le souci du partage qui semble être le sien. J’aime les œuvres qu’il expose. Le temps d’une expo, je rencontre une personne dénuée d’artifice, loin de toute volonté d’être hissé au-dessus des autres et qui a pris le temps de revenir sur son parcours.

Une parenthèse d’échanges à laquelle j’ai pris plaisir à participer, sans jamais quitter des yeux les œuvres exposées.

Vilédé GNANVO

Plus d’informations

Sur l’artiste KEO:
Site internet: www.keoner.com
Facebook : https://www.facebook.com/keo.peintre

Sur l’exposition :  du 18 novembre au 23 décembre 2017
Le Ferry ; 10 avenue de Stalingrad, Palaiseau
Horaires d’ouverture : Mercredi de 14 heures à 19 heures / Vendredi de 17 heures à 19 heures / Samedi de 14 heures à 19 heures

Du street art sur le Boulevard des Capucines

Du street art sur le Boulevard des Capucines

 

C’est au 25 Boulevard des Capucines, non loin de la place Vendôme mondialement reconnue pour héberger les plus grands joailliers de la planète qu’a débuté le week-end dernier l’événement à but artistique et caritatif Les Capucines du street art.

Autour de ce projet, il y a l’organisateur : La société 1848, acteur de l’immobilier impliqué dans l’art et la mise en place d’événements artistiques. C’est elle qui a procédé au choix des artistes, de la logistique et des partenaires que sont Projets Plus Actions et Boesner .

Et puis AXA IM – Real Assets , le sponsor de l’exposition qui a fait aménager et mis à disposition des artistes un espace de 720 m² dans un immeuble en attente de restauration, afin que ceux-ci y expriment librement leur art. [1]

La société Axa IM – Real Assets, connue pour ses activités d’investissement et gestion d’actifs, accompagne déjà depuis plusieurs années des projets artistiques liés à la promotion de jeunes pianistes, via Les Capucines de l’art. Mais c’est la première fois qu’elle met en avant une exposition de street art pour permettre à des street artistes d’y réaliser des installations. Et en choisissant un tel lieu, il y a comme l’écrit sa Directrice de la Communication Jocelyne Tamssom , la volonté d’offrir « une visibilité exceptionnelle aux artistes, instaurant ainsi une harmonie entre l’immeuble et la ville au service de l’Art ». [2]

Il y a aussi l’implication d’une trentaine d’artistes qui ont laissé libre cours à leur imagination et investi les lieux. Des façades extérieures de l’immeuble aux divers recoins, différentes formes d’art urbain (graffiti, lettrage, installations, aérosol, peinture…) ont trouvé des espaces à recouvrir. Le tout a été réalisé sous la direction artistique de Cannibal Letters, K-litystreet et Wuze qui ont su réunir d’autres artistes reconnus et actifs sur la scène urbaine aujourd’hui. C’est l’occasion pour eux de mettre en lumière dans un tel lieu, un style de création qui a parfois été snobé par le une partie du monde de l’art.

Il y a enfin l’investissement de l’association  Projets Plus Actions .

Un espace lui a aussi été réservé par Axa IM qui lui a permis d’installer une galerie d’art éphémère, composée d’œuvres plus ou moins récentes, réalisées et mises en vente par les artistes impliqués. Le but ici est de concilier art et action caritative. L’association espère par ce biais collecter les fonds issus de la vente afin de procéder au financement d’initiatives comme la construction d’une ferme école au Bénin, le soutien à des cantines scolaires ou encore la plantation de 10 000 arbres à Madagascar. [3]

Je rencontre Véronique, une bénévole de l’association qui est ce samedi-là en charge la gestion de la galerie. Elle est dynamique et très enjouée. Elle me donne envie d’en savoir plus sur cette association, moi qui étais venue là surtout pour voir des œuvres. J’ai l’occasion aussi d’échanger avec Jean Marc Civière, l’un des cofondateurs de Projets Plus Actions. Il me parle un peu de l’origine de l’association et des projets menés à travers le monde, notamment au Bénin , pays qui a inspiré la réalisation de la structure en 2006.

Véronique , bénévole à l'association Projets Plus Actions

Projets Plus Actions (PPA) est une Organisation de Solidarité Internationale créée en 2006 et dont la vocation est d’intervenir en appui technique et financier auprès d’initiatives et d’acteurs locaux. Parmi ses nombreuses réalisations on peut en citer 2 qui ont vu le jour au Bénin en 2016 :

  • Pour la Protection de la forêt de la Lama au Bénin : Fourniture de 4 270 repas pour un centre de recueil d’enfants maltraités
  • Pour la Protection du parc de la Pendjari : Acquisition de 3 hectares de terrain en vue de la conservation des espaces naturels / Création d’une activité de maraîchage / Création d’une activité d’agroforesterie
  • En cours de réalisation et en partenariat avec l’association locale Ecodec, il y a la construction d’une ferme école au Bénin, dans la région de Tanguiéta. [4]

En fin de compte, si dans l’ensemble Les capucines du street art agrègent des œuvres de niveaux différents, on retrouve bien l‘esprit d’un parcours à découvrir, similaire au concept d’autres événements passés ( Rehab2 ; le Lab 14). D’ailleurs, on y recroise aussi plusieurs noms d’artistes qui étaient intervenus sur les murs et avaient présenté leur travail.

Ici, l’espace est plus confiné, plus froid aussi. Néanmoins, il est agréable de voir ce genre d’événement dans ce quartier plutôt réputé pour des manifestations culturelles plus élitistes. Qui plus est, ça fait du bien de constater que l’intérêt porté à l’art urbain est grandissant et que des institutions comme AXA IM – Real Assets y apportent désormais leur contribution en termes de logistique et de mise à disposition d’espaces qui servent le projet des artistes.

Enfin, la portée caritative qui s’est ajoutée au projet ne fait que renforcer ma motivation pour inciter le maximum de gens à aller sur place pour découvrir cet événement. Foncez, il reste 5 jours !

Vilédé GNANVO

Liste des artistes ayant participé au projet

Cannibal Letters ; K-litystreet ; Wuze , Banga, Caligr Oner ; Christophe Violland ; Cosby ; Cost TPK ; Cromz ; Dante ; Dem Dillon ; Djalouz ; Doudou Style ; Furious Five ; Kal Dea ; Hakic ; Kay One ; Mg La Bomba ; Morne ; Oker ; OnePesca ; Piman ; Pimax ; San One ; Sainte-Faust ; Sheik ; Softtwix ; Solak ; Sonac ; Manu Ibrahim ;Tempo NOK

Pour plus d’informations :

« Les Capucines du Street Art » sont ouverts du 17 au 26 novembre 2017.
25 / 29 boulevard des Capucines 75002 PARIS
Entrée libre et gratuite . Horaires d’ouverture : De 18 heures à 22 heures du lundi au vendredi. / De 10 heures à 20 heures le samedi et dimanche.

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